À l’auteur
Comme vous, je pense que cette affaire est à prendre très au
sérieux.
Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
La nouvelle est tellement mauvaise que nous la refusons. C’est humain.
Pourtant, il y a deux éléments d’information incontestables
; brûler des combustibles fossiles inconsidérément comme nous le faisons émet
du CO2 qui pour un tiers n’est pas recyclé ni par la végétation et ni par les
océans. Ce tiers se retrouve en haute atmosphère et accroît le stock des GES.
Le deuxième élément d’information incontestable est que l’extraction du pétrole
approche de son pic de production.
Même si on peut émettre quelques réserves sur les modèles de
simulation utilisés pour prévoir les effets climatologiques du CO2 qui s’ajoute
aux autres GES, le passage du pic pétrolier nous contraindra, quoique nous
fassions pour l’ignorer, à diminuer notre consommation drastiquement et à
réduire notre dépendance (ou addiction ?) à cette source d’énergie. On ne peut
imaginer une consommation supérieure à la production.
Nous avons donc un intérêt double à réduire nos émissions de
CO2 en réduisant notre consommation d’énergies fossiles. D’abord prolonger la
période d’utilisation du pétrole pour nous donner le temps de trouver des
solutions techniques et sociales pour construire une société après-pétrole
viable, ce qui est un problème qui ne se résoudra pas par de simples correctifs
à la marge et qui demandera beaucoup de temps et de moyens financiers. Ensuite
nous préserver, pour hypothétique qu’il soit, d’un éventuel changement
climatique qui sera d’autant plus catastrophique qu’il risque d’engendrer des
effets systémiques extrêmement rapides nous interdisant un scénario de mutation
viable et pacifique.
Il ne manquerait plus que ces deux évènements se superposent
!
La science n’a jamais progressé que par une suite d’erreurs.
L’histoire nous montre que bien des hypothèses émises par des scientifiques
visionnaires ont fait scandale parmi leurs savants collègues pour ensuite être
reconnues et intégrées dans le patrimoine de la Science, et donner lieu à de
nouvelles découvertes .
Je comprends que la désinformation orchestrée par quelques
scientifiques, ou pseudo-scientifiques (je ne nommerai personne), soit
accueillie avec soulagement par certains de nos concitoyens dans la mesure où
cela leur permet de poursuivre leurs rêves sans qu’ils tournent au cauchemar.
Je ne comprends pas que devant des sujets aussi graves ils
s’enferment dans le déni sans avoir considérer sérieusement les données
objectives qui sont disponibles sur la réalité du pic pétrolier et sur les
phénomènes systémiques complexes qui régissent le climat.
À ne pas vouloir prendre en considération et traiter les
problèmes dérangeants qui se présentent aujourd’hui, nous nous préparons un
avenir dans lequel ils auront de forte chance de devenir ingérables.