@ Zorg :
Vous dites :
"le
lecteur lambda qui verrait cette page d’American Free Press fin
2005 ne pourrait jamais se douter qu’il s’agit là en réalité
d’un lien menant vers une revue (the Barnes Review) qui, elle,
effectivement est bien une revue négationniste."
Je
vous répondrai qu’on ne détermine pas la nature exacte d’une revue
et la teneur des sujets traités par la rédaction en se fondant
uniquement sur l’impression d’un lecteur « lambda » qui
viendrait y jeter un coup d’oeil pour la première fois.
Tous
les propos, annotations ou images présentés par un site, même
s’ils ne sont pas en page d’accueil peuvent être un motif pour le
considérer comme négationniste.
Le caractère néo-nazi
du site « The Barnes review » est évident dès la première
visite : il suffit de lire les titres des livres proposés à la
vente pour s’en rendre compte. Nul besoin d’aller voir sur wikipedia
ou de visiter en détails les rubriques du site pour connaître les
thèses soutenues par ses propriétaires car elles sont flagrantes.
Quelques exemples de titres en page d’accueil « Holocaust Revisionism, books », « Dissecting the Holocaust », « Patton and Rommel, Men of War ». Il faut donc être sérieusement idiot pour avoir besoin d’aller vérifier quelle serait sa nature : j’ai seulement voulu avoir une description précise du « magazine » sur wikipedia.
Avant de continuer, j’aimerais remettre les choses dans leur
contexte :
American Free Press a été fondée par Willis Carto,
et ce site partage la même adresse mail que "The Barnes
review« .
Vous dites :
»Ensuite, vous
sortez d’un numéro du 1er Janvier 2005 d’AFP, un article où
l’on peut lire la phrase "Pour une forte dose de vraie
Histoire sans les inepties politiquement correctes, abonnez-vous au
magazine « The Barnes Review » et pour vous, c’est la
preuve qu’AFP est une revue "ouvertement
négationniste« ? »
Oui, la phrase de AFP
est ouvertement négationniste, et l’est d’autant plus que la nature
du site « The Barnes Review » est décelable en un clin
d’oeil.
AFP encourage donc les lecteurs à s’abonner à un
magazine négationniste, en décrivant son contenu comme étant "la
vraie histoire sans les inepties politiquement correctes."
Comment
pouvez-vous affirmer qu’une telle posture ne serait pas négationniste
?
De plus, cette phrase n’était pas
seulement présente le 1er Janvier 2005, je n’ai pris que cette date
au hasard. Elle était sur le site depuis 2002 et est restée au
moins jusqu’au 6 Mai 2006 avant d’être remplacée par la
rubrique« Revisionist History ».
Le numéro du 30 Janvier 2005 est
encore plus parlant : voici ce qu’on pouvait y lire sur la page
d’accueil. Cette phrase est restée plusieurs semaines sur le site.
" The
Barnes Review : History like you’ve never seen it before - the facts
without the politically correct spin of the « court historians » «
Traduction : »the barnes review, l’histoire comme vous ne
l’avez jamais vue, les faits sans les salades politiquement correctes
des historiens de tribunaux."
Bien sûr, en cliquant sur cette phrase,
on est redirigé immédiatement vers la page d’accueil de The Barnes
Review avec des titres comme « the Nuremberg mock trials » ("les ridicules
procès de Nuremberg« ) ou »life in the third Reich« ( »la vie au troisième Reich") accompagnés de résumés encore plus explicites.
Ou encore en page d’accueil du site
le 20 février 2005, un lien direct vers le magazine avec comme
commentaire « uncunsored history from the Barnes review,
special offers from the barnes review magazine ».
En y regardant bien, il semble que AFP
serve en partie de caution à « The Barnes Review » et soit
un moyen de publier indirectement des livres néo-nazis. Et cela est d’autant plus logique que
les rédacteurs de AFP ont aujourd’hui monté d’un cran en incluant
dans leur page d’accueil la rubrique « revisionist history »
et en montrant sur cette même page une couverture qui a pour titre
« The Host and The Parasite ».
Je ne vois pas pourquoi vous vous acharnez tellement à défendre cette revue car elle est nauséabonde, et les thèses extrémistes qu’elle soutient justifient de ne pas la choisir comme source d’information lorsqu’on décide de faire un film.
Mais au fond, ce n’est pas la revue que vous cherchiez à défendre, en fait vous
avez repris les arguments d’un truther qui disait, à propos des
auteurs de Loose Change : "Ces jeunes gens qui n’ont pas
d’argent et sont donc obligés d’aller prendre des informations
sur internet, n’ont pas fais attention et sont allés sur un site
historique (sic), pour prendre des informations tout à fait
banales, absolument pas négationnistes, mais ce site était tenu par
un négationniste".
Je vous conseille de lire
l’article de Conspiracy Watch, et d’écouter la conversation
téléphonique entre les auteurs de Loose Change et Eric Hufschmidt
dont je donne les liens dans ce message.
Il serait intéressant de voir quelles sont les personnes qui furent les premières à soutenir les poncifs de la théorie du complot sur le 11 septembre. De nombreux arguments de cette théorie ont en fait été propagés par l’extrême-droite américaine. Il semble par exemple, d’après l’article de Conspiracy Watch, qu’Eric hufschmidt ait été le premier à parler clairement de démolition contrôlée dans son « film » intitulé « Mensonges douloureux » en 2003.
Ensuite, en France, des personnes honnêtes ou des sites sans arrières-pensées comme Reopen ont été leurrés par ces arguments, qui s’étaient déjà propagés un peu partout et faisaient naître le « doute » chez des personnes ignorantes du dossier.