Monsieur Santi,
Vous mettez fort pertinemment en avant l’incurie de la bureaucratie Bruxelloise et son appel stupide à des sanctions pouvant être assimilées à vouloir mettre la tête sous l’eau à des pays déjà au bord de l’asphyxie, mais vous concluez de manière étrange, je vous cite :
« Cette politique du taux d’intérêt unique doit être remise en cause car une nation comme l’Espagne aurait à l’évidence remonté ses taux avant la formation de sa bulle immobilière si la décision lui avait appartenue… »
Comment voulez vous mettre en place une politique de taux diversifiés pour une monnaie unique, laquelle implique une libre circulation des biens et de capitaux.
Si l’on transposait votre raisonnement à l’échelon national, dans la France des années 60, cela s’apparenterait à ce que la Banque de France consentent à des taux différents, selon que cet argent soit utilisé dans la Creuse, l’ile de France, ou la région PACA, car ces départements ou régions n’ont pas du tout les mêmes « performances » économiques.
A l’échelon d’une nation, cela n’a pas de sens, car la définition même d’une Nation implique une solidarité financière d’un coté, mais aussi permet une migration aisée des populations vers les bassins d’emplois et, le cas échéant, se réserve le droit de dévaluer sa monnaie si sa compétitivité est mise à mal vis à vis de l’extérieur.
Lors de la création de l’Euro, celui-ci n’aurait eu de viabilité que si le comportement de l’Europe fût similaire à celui d’une nation, et on en est très loin car il n’y a pas de « Nation » européenne.
De l’histoire, des cultures, des langues, des intérêts de ce patchwork de Nations, il est parfaitement impossible d’extraire une ligne commune, à l’exception de celle qui prévaut aujourd’hui, au service d’une petite élite financière pour laquelle la notion de « Nation » a atteint aujourd’hui son degré de nuisance (cf : discours de Rocard).
Cette Europe là, et la monnaie qui l’accompagne sont les instruments présents et à venir de notre servitude. Pour reprendre en main notre liberté et notre souveraineté, il n’y pas trente six solutions, en sortir, et vite...