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Chaos pour aujourd’hui, chaos pour demain

Semaine sous haute tension en Europe. Sauvetage in extremis des Banques irlandaises, présentation des budgets français et portugais fortement teintés d’économies en tout genre, vote de confiance à risque en faveur du Gouvernement italien, dégradation (attendue) de la notation espagnole, grèves massives en France et surtout en Espagne et enfin annonce totalement saugrenue par la Commission Européenne de mesures disciplinaires à l’encontre des Etats cancres en déficits… 

Pour les membres de l’Union comme pour les bureaucrates de Bruxelles, le constat est néanmoins cinglant car ce n’est pas les dirigeants qui ont décidé ces mesures d’austérité. C’est en effet les marchés financiers qui contraignent les responsables Européens au plus haut niveau à adopter cette rigueur. De même pour la Commission Européenne qui élève le ton (pour rien) en menaçant de pénalités les pays fortement déficitaires. Les marchés obligataires ne punissent-ils ainsi pas d’ores et déjà ces nations en leur imposant des taux d’intérêts contre nature sur leurs emprunts ? Ces mêmes marchés qui s’attaquent aujourd’hui à l’Irlande après avoir puni la Grèce ne sont-ils pourtant pas ceux qui étaient heureux de leur prêter sans limite et à des taux très intéressants il y a encore trois de cela ? 

L’Allemagne continuera-t-elle à être plus que privilégiée du point de vue de ses coûts de financement sans commune mesure avec ce que paient les pays d’Europe périphériques pour assurer leur survie ? Il est quasiment certain que le différentiel entre les intérêts dont se financent le Portugal par exemple et l’Allemagne sera prochainement amené à se réduire mais la tension ne se calmera sur les marchés obligataires que le jour où la Grèce – avec la bénédiction de l’Union – ré échelonnera, voire négociera, ses dettes. Qui est encore assez naïf pour croire que ce pays sera capable de rembourser l’intégralité de son endettement ? 

Pour autant, les affaires – et les affres – de l’Union Européenne ne seront pas réglées car le prochain épisode consistera en une remontée par la BCE de ses taux d’intérêts officiels. Il est certain que ce nouveau cycle de raffermissement de politique monétaire sera vertement critiqué par ceux des pays Européens en pleine tourmente économique et financière qui suspecteront la BCE de connivence avec une Allemagne exigeant des taux plus élevés par crainte de surchauffe. Cette politique du taux d’intérêt unique doit être remise en cause car une nation comme l’Espagne aurait à l’évidence remonté ses taux avant la formation de sa bulle immobilière si la décision lui avait appartenue…


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2 réactions à cet article    


  • ChatquiChouine ChatquiChouine 2 octobre 2010 12:53

    Monsieur Santi,

    Vous mettez fort pertinemment en avant l’incurie de la bureaucratie Bruxelloise et son appel stupide à des sanctions pouvant être assimilées à vouloir mettre la tête sous l’eau à des pays déjà au bord de l’asphyxie, mais vous concluez de manière étrange, je vous cite :

    « Cette politique du taux d’intérêt unique doit être remise en cause car une nation comme l’Espagne aurait à l’évidence remonté ses taux avant la formation de sa bulle immobilière si la décision lui avait appartenue… »

    Comment voulez vous mettre en place une politique de taux diversifiés pour une monnaie unique, laquelle implique une libre circulation des biens et de capitaux.

     Si l’on transposait votre raisonnement à l’échelon national, dans la France des années 60, cela s’apparenterait à ce que la Banque de France consentent à des taux différents, selon que cet argent soit utilisé dans la Creuse, l’ile de France, ou la région PACA, car ces départements ou régions n’ont pas du tout les mêmes « performances » économiques.

     A l’échelon d’une nation, cela n’a pas de sens, car la définition même d’une Nation implique une solidarité financière d’un coté, mais aussi permet une migration aisée des populations vers les bassins d’emplois et, le cas échéant, se réserve le droit de dévaluer sa monnaie si sa compétitivité est mise à mal vis à vis de l’extérieur.

     Lors de la création de l’Euro, celui-ci n’aurait eu de viabilité que si le comportement de l’Europe fût similaire à celui d’une nation, et on en est très loin car il n’y a pas de « Nation » européenne.
    De l’histoire, des cultures, des langues, des intérêts de ce patchwork de Nations, il est parfaitement impossible d’extraire une ligne commune, à l’exception de celle qui prévaut aujourd’hui, au service d’une petite élite financière pour laquelle la notion de « Nation » a atteint aujourd’hui son degré de nuisance (cf : discours de Rocard).

     Cette Europe là, et la monnaie qui l’accompagne sont les instruments présents et à venir de notre servitude. Pour reprendre en main notre liberté et notre souveraineté, il n’y pas trente six solutions, en sortir, et vite...


    • asterix asterix 2 octobre 2010 18:23

      Et chaos politique garanti le 12 lorsque la Flandre va décider unilatéralement de s’accaparer les alentours de la capitale de l’Europe.
      Excuse-moi d’avoir débordé ta brillante analyse économique, Santi.

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