En ce qui concerne les frères Di Luciano (Forchies-la-Marche et Hourpes), je me souviens que les peines prononcées pour la détention d’armes ont été assez légères. Il y avait pourtant un vrai arsenal.
Par contre, le procès vient de se dérouler pour la partie financière :
http://archives.lesoir.be/justice-des-millions-d-euros-fraudes-deux_t-20100326-00UUX9.html?queryand=%22di+luciano%22&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=1&all=19&nav=1
Deux châteaux à confisquer
DUBOIS,FREDERIC
Vendredi 26 mars 2010
Justice Des millions d’euros fraudés
La substitut Catherine Badot a requis des
peines de 4 ans de prison ferme, ce jeudi, contre les deux principaux
protagonistes du dossier de blanchiment d’argent dit « du château de
Forchies-la-Marche ». Selon le Ministère public, le châtelain Sébastiano
Di Luciano et le dentiste de Hourpes, Philippe Melchior, seraient les
maîtres-penseurs d’une organisation criminelle spécialisée dans
l’évasion fiscale et les carrousels TVA.
En novembre 2003, 250
policiers équipés d’un hélicoptère et d’un sonar perquisitionnaient le
château de Forchies-la-Marche. La juge Baeckeland s’intéressait en effet
au train de vie suspect des châtelains, les frères Di Luciano. Lors de
cette descente, les forces de l’ordre avaient découvert un stock d’armes
et d’explosifs, ce qui a déjà fait l’objet d’un procès en
correctionnelle. Mais c’est l’aspect pécuniaire de cette affaire qui est
aujourd’hui examiné par le tribunal correctionnel de Charleroi. Le
parquet s’est attaché à démontrer les transferts d’argent douteux entre
la Belgique, la Suisse, le Luxembourg ou encore Monaco, pour aboutir le
plus souvent sur les comptes bancaires des enfants de Sébastiano Di
Luciano ou de Philippe Melchior. Le châtelain, qui déclarait 650 euros
de revenus par mois, roulait pourtant en Bentley, Ferrari 348, Porsche
911 ou BMW 745. L’intéressé nie formellement ce train de vie de nabab,
déclarant que son fils serait le seul détenteur des châteaux de Hourpes
et de Forchies-la-Marche.
Selon Catherine Badot, les enquêteurs
ont démontré que Sébastiano Di Luciano prêtait de grosses sommes
d’argent à des personnes impliquées dans des carrousels TVA. Les taux
d’intérêts très élevés qu’il réclamait obligeaient ses débiteurs à
persister dans la fraude. Un expert a ainsi évalué les capitaux à 2,1
millions d’euros et les intérêts à 2,7 millions. Le parquet a requis
trois ans de prison contre Michele Messina, l’un de ces « carrouselistes
», et deux ans contre Donato Mafussi, Louis Walravens, la comptable
Chantal Minet, le garde du corps Andrzej Zawal et l’entrepreneur Angelo
Troiano.
Mais pour de nombreux prévenus, ce sont les
confiscations réclamées par le parquet qui constitueraient la peine la
plus grave. Dans ce dossier, des millions d’euros ont en effet été
saisis, de même que deux châteaux et de nombreux véhicules de luxe. On
imagine que la défense s’opposera fermement à ces confiscations lors des
prochaines audiences.