J’avais déjà entendu parler des mêmes pratiques, mais concernant la France d’il y a un siècle ou deux. Notamment pour la masturbation des nourrissons, que toute bonne nourrice pratiquait couramment.
En fait, ce qu’on oublie ou refuse de voir, c’est que la sexualité a radicalement changé en Occident, mais pas seulement dans le sens de la contraception et de la libération sexuelle : la chambre individuelle, quasi exceptionnelle jusqu’au XXème siècle, et la considération beaucoup plus importante accordée aux enfants et à leurs droits, ainsi que la fin des mariages arrangés, ont bouleversé notre approche de la sexualité : si bien que dans notre conception moderne, toute forme de sexualité qui ne s’apparie pas avec ces trois mots : intimité, consentement, et adulte, est considérée comme abominable, celui qui s’y adonne perd son humanité et devient un monstre (le pédophile, le violeur, et dans une moindre mesure l’acteur porno).
La sexualité d’aujourd’hui est tout aussi empreinte de tabous qu’hier ; simplement les tabous ont changé, certains se renforcent, d’autres faiblissent, apparaissent ou disparaissent.
Bon, pour qu’il n’y ait pas de malentendu, je juge l’évolution de la sexualité globalement très positive. Mais une perspective historique est toujours intéressante. Et cela évite de faire des contresens sur des textes historiques, comme souvent l’Eglise en a fait sur la Bible (l’histoire de Sodome et Gomorrhe ne porte pas de jugement moral sur la sodomie, mais sur l’hospitalité et le viol, et les rares allusions de St Paul à l’homosexualité ne peuvent guère être extrapolées à l’homosexualité d’aujourd’hui, celle dont il parle étant nécessairement liée à une relation dominant-dominé, maître-actif et esclave-passif dont le consentement n’a guère d’importance et où l’amour est superflu : qui ne serait pas d’accord avec Saint Paul pour condamner cette homosexualité-là ?)