Bonjour Aimé Fay,
Votre analyse est surprenante et paradoxale.
Surprenante parce qu’elle utilise un ton ampoulé qui n’éclaire pas le sujet traité.
Paradoxale parce qu’elle résulte d’un HEC secteur banque qui ne semble pas connaître l’activité d’un manager.
Un manager est un chef, un dirigeant, pas une petite main réagissant, selon ses états d’âme, à l’aide de mensonges et de colère comme un gosse de trois ans capricieux. C’est un homme ou une femme capable de choisir ses collaborateurs et de déléguer son pouvoir en conservant le contrôle de l’entreprise. Ceci ressemble-t-il à Sarkozy ? Le doute m’envahit. Il règne auprès des sujets par la terreur et l’exclusion selon le principe : la France tu l’aimes ou tu la quittes ou il vole au secours de Betancourt pour soigner une image de marque qui est son seul souci.
En supplément, un Président de la République n’est pas un « chef d’état ». Cette notion n’est pas constitutionnelle. En France le seul chef de l’état est le peuple. Il dispose de la souveraineté et en confie l’exercice à des représentants selon un cadre qui est rigoureusement défini par la Constitution.
Le mandat défini au titre II de celle-ci ne confère nullement au président mission de diriger l’état, d’en définir et conduire la politique. Ceci est le rôle du Gouvernement responsable devant le Parlement qui le contrôle, vote les lois et les projets de loi de finances et de financement de la Sécurité Sociale. Le président, lui, est un arbitre chargé de veiller au respect de la Constitution et au fonctionnement régulier des institutions et des pouvoirs publics. Il est accessoirement le chef des armées, lesquelles sont à la disposition du Gouvernement. Il négocie les traités mais ne peut les ratifier sans l’autorisation du peuple ou de ses représentants. Un président n’exerce pas les pouvoirs d’un manager, il ne décide de rien sauf à dissoudre la Chambre, sans être maître de son renouvellement, et à user des pouvoirs spéciaux de l’article 16, pour autant que les conditions de ces actions soient satisfaites.
Vous devriez revoir vos concepts, cousus de poncifs, avant de vous lancer sur un sujet que vous abordez sans aucune base constitutionnelle en vous appuyant sur des notions inappropriées de l’Etat et de la Nation. Vous confondez l’état avec une entreprise oubliant, d’entrée de jeu, la première phrase de l’article 1de la Constitution : « La France est une république indivisible, laique, démocratique et sociale. » ce n’est pas une machine à créer des impôts et du bénéfice, mais des infrastructures et des services à la disposition du peuple et de la nation.
Dans votre exposé tout se passe comme si, pour vous, les lois n’existaient pas et les actionnaires, sous prétexte qu’ils sont les plus nombreux et, individuellement, inexistants, doivent suivre aveuglément le dirigeant auxquels ils ont confié un mandat déterminé. Lequel chef, à vous suivre, aurait la faculté de changer à sa guise les termes du mandat accepté quand bon lui semble au cours de son exercice. Le Parlement n’a pas le pouvoir de désigner le Président, il ne saurait donc, même en votant une révision constitutionnelle, modifier le termes du mandat présidentiel en cours. Il n’y a pas de manager chef d’état en France.
Dans quel état de droit vivez-vous ?
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.. Sarkozy n’en est ni le propriétaire ni le directeur général ni le manager. Vous disposez bien facilement des choses publiques, cher Monsieur. Dommage, sans une telle légèreté, vous avez sans doute une opinion personnelle très intéressante.
Bon après-midi.