Le fait est que la France à opté pour l’économie de service
Ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose
L’industrie requiert des investissements lourds, très lourds
Que ce soit ici ou ailleurs
A une époque, la délocalisation, c’était déporter les usines
Pas les murs, ni les gens mais les machines
Du coût, les industriels modernes construisent des usines modernes ailleurs
Puis ferment les usines ici
Laissant les pierres, la ferraille, le sol contaminé et les gens à charge de l’état
Et de plus en plus des collectivités locales
(
C’est pas libéral, libéral, tout ça
Quid de l’entrepreneur qui prend des risques ?
Quid du sens des responsabilités de l’entrepreneur ?
Quid des charges inhérentes à l’activité professionnelle ?
Quid du chevalier entrepreneur ?
Et qu’en est-il de la fin de l’état providence ?
N’existerait-il qu’au bénéfice de l’entrepreneur dilettante ?
)
Raison pour laquelle les salariés de l’industrie ne devraient pas, ici
Accepter de diminution de salaire (et de cotisations retraite)
Dans l’espoir de quoi que ce soit
Leur sort est déjà celé
Ils sont morts mais ils ne le savent pas encore
Ça coûte moins cher à tout le monde
Pas même aux mourants qui ne peuvent de toute façon plus allonger un kopeck
Quand on n’a rien on ne peut se faire prélever que sa vie
Après, avec ou sans paradis, on s’en fout un peu
Il y a un choix à faire
L’économie de service demande une compétence pointue
Que les salariés en devenir ont intérêt à acquérir à leurs propre investissement
(
Pour l’avoir fait, je reconnais avoir vécu 25 ans avant d’amorcer ma chute
Dans l’industrie, je serais mort, enterré et Echenoz aurait écrit un bouquin sur moi
)
Pour sur, il y a l’investissement matériel-numérique lié
Mais la technologie est de plus en plus performante
Et de moins en moins chère
En ce domaine
Par contre, grosse diminution des frais
Ce que l’on fabrique se stocke sur des supports numériques
Pas d’entrepôt, pas de gardiennage, pas de manutentionnaire
Pas de caméra, pas d’alarme
Peu de vol, peu d’assurance
Ce que l’on livre n’est livré ni par air ni par mer ni par terre
Par câble
De temps en temps, on envoie un consultant de son bureau à celui du client
Mais ça, c’est c’est cause des parasites de la hiérarchie, les prétendus managers
Qui compensent leur (au mieux) inutilité
Par tout un attirail de harcellement moral et de flicage
Tous ces gens qui sont « fonctionnaires » mais aux salaires du privé
Aux dépends des salariés productifs
Alors qu’avec un peu d’intelligence on saisit vite
Qu’un consultant qui travaille de son domicile
Nous économise ses frais de transport, d’hôtel et de bouche
(Souvenez vous des frais de bouche d’un ex-maire de Paris, tout sauf anodin...)
D’avoir un bureau pour lui, même tournant à nos frais
Il serait rentable même de lui payer son abonnement internet
Avec le téléphone gratos pour passer la journée auprès du client
Mais de son nid douillet
Et ça, c’était hier
Aujourd’hui les économiste conviennent que nous sommes dans une économie d’information
C’est une spécialisation de l’économie de service numérique
Et ça s’annonce juteux, tout le monde est sur les rangs
Et s’offre
Gratos
Car les survivants vont se goinfrer
(Mais grave, gaffe au cholestérol et au diabète !)
J’entendais causer, l’autre jour sur une radio non-commerciale
D’un métier d’avenir
Le journaliste numérique
Dont les outils à venir pourraient lire les 170.000 pages livrées par Wikyleaks
Et d’en faire un résumé compréhensible
Tiens ! Ce serait, de nouveau
L’occasion de rapprocher les journalistes des services de renseignements
Qui planchent sur l’analyse des textes publiés en ligne
Pour déterminer par les tournures de phrase
Les informateurs des journalistes
(Economie de « plombiers » à dépêcher au Canard)
Vous me rétorquerez qu’il faut bien QUAND MEME acheter des trucs physiques
Je sais pertinemment qu’un exemple ne doit pas être livré pour règle générale
Nonobstant quoi je vous livre le suivant
Le chargeur pour le téléphone de mon fils m’aurait coûté 16 Euro au magasin d’à côté
Je l’ai acheté 90 Cent en ligne (Même avec les frais de port, ça tiens la route)
L’industrie délocalisée en Chine devrait augmenter notre pourvoir d’achat
Là, le problème vient d’une autre catégorie de parasites
Le commercial français
Qui complimente son collègue du lieu commun suivant :
« Il vendrait des lunettes à un aveugle »
(Belle mentalité...)
Mais cela aussi, avec l’économie de service numérique, ça change
Ce discours n’est pas moral ?
A mon sens non plus
Mais c’est ainsi
Et c’est ainsi que l’on peut moraliser l’économie dite « libérale »
En l’obligeant à ressembler à sa vitrine
En démocratie, ça peut marcher
Il ne nous reste plus qu’à devenir des consommateurs éclairés
Des adhérents d’associations de consommateurs
Des lobbyistes du bien commun
(Ben ouais, ça va pas nous tomber tout cuit dans l’bec)