Confondre syndicats et dirigeants, c’est nul. Moi qui suis un militant de base je me désole lorsque nous louons (avec l’argent des militants) 2 bus pour aller manifester et que l’un d’entre eux reste vide. Croyez vous qu’en Tunisie ces derniers jours ils n’auraient pas été pleins ?
J’aurais payé avec joie un supplément pour louer 2, 3 ou 4 bus supplémentaires. Et ceci, répété à travers toute la France, aurait changé bien des choses. La vérité est que beaucoup trop de gens n’y croient pas. Ou plus simplement sont assez satisfaits de leur sort pour ne pas risquer une demi-journée de salaire. Je dis bien risquer car en cas de succès, ce risque ne se réalise pas.
Je suis très heureux de ce qui se passe en Tunisie. Cela ne m’impacte en rien, ni en bien ni en mal, mais ça me met depuis hier soir une banane incroyable. Nous, français, qui nous disons mécontents, nous venons de prendre une magistrale leçon des Tunisiens de la rue. Ils nous ont montré comment faire, et hélas aussi quel peut en être le prix.
Jusqu’ici, le peuple Tunisien a toujours montré beaucoup de sagesse et de mesure. C’est un peuple éduqué et évolué. C’est pourquoi je suis optimiste, je crois en leur capacité collective à réussir un changement qui améliorera le sort du plus grand nombre. Ils sont capables de faire la part des choses, on le verra vite. J’espère qu’ils savent que la réaction indigne des gouvernants français ne représente pas la pensée des citoyens.
Et si quelques gouvernants, où que ce soit, sont amenés à méditer le fait qu’il peut y avoir des retours de bâtons, on pourra appeler ça un bénéfice collatéral.