bonjour koustouzis
De ce fait dans ce « marché de l’esprit », si je
peux me permettre de l’appeler ainsi, la variété et la crédibilité de l’information
s’atrophient malgré une liberté acquise. Le commentateur, faiseur d’opinion, a
pris de l’ampleur pour le meilleur ou le pire, car il est à but lucratif, et il
doit d’abord se vendre, tandis que le rôle de l’auditeur ou du lecteur se
réduit presque exclusivement à celui de répétiteur
(pour plaire à Socrate). L’Homme moderne répéter, et ne prend jamais le temps
d’interroger de l’intérieur, d’autres cultures disent méditer.
pourtant si le populisme n’est pas péjoratif, il le devient quand celui qui l’utilise profite de la nécessaire simplification de mécanismes complexe pour les rendre compréhensibles d’abuser de l’ignorance de ceux a qui ils s’adresse, mais saisir une limite aussi mouvante est bien difficile.
quand à la déstructuration de l’information ce ne seront certainement pas les populations qui s’en rendront compte, 88% des français écoutent les JT d’où ils retirent leur information politique.
Télévision : de l’info sans infos
.
La
nouvelle censure
Le principe de base de la
censure moderne consiste à noyer les informations essentielles dans un déluge
d’informations insignifiantes diffusées par une multitude de médias au contenu
semblable. Cela permet à la nouvelle censure d’avoir toutes les apparences de
la pluralité et de la démocratie.
Cette stratégie de la
diversion s’applique en premier lieu au journal télévisé, principale source
d’information du public.
De l’info
sans infos...
Depuis le début des années
90, les journaux télévisés ne contiennent quasiment plus d’information. On
continue d’appeler « journal télévisé » ce qui devrait en réalité être
appelé un « magazine ».
Un J.T. moyen contient au
maximum 2 à 3 minutes d’information. Le reste est constitué de reportages
anecdotiques, de faits divers, de micro-trottoirs et de reality-shows sur la
vie quotidienne.
copie d’un extrait exposer de 1998.qui circule sur le net à cette adresse
...et une
censure sans censeurs
Toute la subtilité de la
censure moderne réside dans l’absence de censeurs. Ceux-ci ont été efficacement
remplacés par la « loi du marché » et la « loi de l’audience ».
Par le simple jeu de conditions économiques habilement crées, les chaines n’ont
plus les moyens de financer le travail d’enquête du vrai journalisme, alors que
dans le même temps, le reality-show et les micro-trottoirs font plus d’audience
avec un coût de production réduit.
Même les évènements
importants sont traités sous un angle « magazine », par le petit bout
de la lorgnette. Ainsi, un sommet international donnera lieu à une interview du
chef-cuistot chargé du repas, à des images de limousines officielles et de
salutations devant un batiment, mais aucune information ni analyse à propos des
sujets débattus par les chefs d’états. De même, un attentat sera traité par des
micro-trottoirs sur les lieux du drame, avec les impressions et témoignages des
passants, ou une interview d’un secouriste ou d’un policier.
A ces insignifiances s’ajouteront le sport, les
faits-divers, les reportages pitoresques sur les villages de la France profonde, sans
oublier les pubs déguisées pour les produits culturels faisant l’objet d’une
campagne de promotion (spectacles, films, livres, disques...).
Information
destructurée pour mémorisation minimale
Tous les psychologues et
spécialistes des neurosciences savent que la mémorisation des informations par
le cerveau se fait d’autant mieux que ces informations sont présentées de façon
structurée et hiérarchisée.
La structuration et la
hiérarchisation de l’information sont aussi des principes de base enseignés à
tous les étudiants en journalisme.
Or depuis 10 ans, les journaux télévisés font
exactement le contraire, en enchainant dans le désordre des sujets hétéroclites
et d’importance inégale (un fait divers, un peu de politique, du sport, un
sujet social, un autre fait divers, puis à nouveau de la politique, etc) ,
comme si le but recherché était d’obtenir la plus mauvaise mémorisation
possible des informations par le public. Une population amnésique est en effet
beaucoup plus facile à manipuler...
cordialement