Insurrection rampante
A Romain Desbois qui a « comme un doute sur la
situation pré-insurrectionnelle. », relayé en cela par Kitamissa
qui « demeure assez
perplexe quand au crédit que (j’accorde) à Agoravox et à ses participants pour
faire bouger ne serait ce d’un ἰῶτα l’opinion en France au point de déclencher le même
phénomène que dans les pays d’Afrique du Nord », ajoutant « là bas, ils n’ont rien à perdre vu qu’il n’ont
rien (alors que) chez nous les gens sont endettés pour rembourser la
baraque,la bagnole,la télé numérique et les vacances », mais contredit par
Pensesy pour qui « En France comme dans de
nombreux pays d’Europe (Grèce, Espagne, Portugal, Italie, Angleterre et
d’autres probablement), d’Afrique du Nord, du Moyen Orient, tous les dirigeants
de ces pays sont des Louis XVI en puissance ». Il est vrai qu’un pays qui
fait trois repas par jour ne fait pas de révolution. Question de nombre.
Mais qu’en est-il lorsque selon
l’INSEE, le seuil
de pauvreté à 60% du revenu médian (950 € par mois) concernerait 13% de la population ; à 50% du revenu médian (750 € par mois) il
toucherait 7,1 % de la population française. (Source :
http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2085) ?
Qu’en est-il lorsque ceux qui se
croient encore « à l’abri » découvrent en réalité leur glissement
vers la masse de ces huit millions de personnes
qui sont en France en situation de pauvreté monétaire et qui « n’y
arrivent pas, ou n’y arrivent plus ». (Voir en ce sens : Louis
Chauvel, Les classes moyennes à la dérive, La République des idées /
Seuil, 2006, ISBN 2.02.089244.8, 10,50 €. Voir un résumé de l’ouvrage
sur : http://www.repid.com/Les-classes-moyennes-a-la-derive.html
Qu’en sera-t-il pour dans les
semaines et mois à venir ? Sans se livrer à des prospectives aléatoires,
il n’est pas inintéressant de lire avec attention – au hasard – les
intéressantes contributions qui enrichissent le blog de Paul Jorion, par
exemple, ou encore les analyses impeccables que produit le GEAB/ LEAP 2020. …
http://www.leap2020.eu/GEAB-N-51-est-disponible-Crise-systemique-globale-2011-L-annee-impitoyable-a-la-croisee-des-trois-chemins-du-chaos_a5769.html
" …C’est sa position
à la croisée de ces trois chemins qui fait ainsi de 2011 une année impitoyable.
Et impitoyable elle le sera pour les Etats (et les collectivités locales) qui
ont choisi de ne pas tirer les difficiles leçons des trois années de crise qui
ont précédé et/ou qui se sont contentés de changements cosmétiques ne modifiant
en rien leurs déséquilibres fondamentaux. Elle le sera aussi pour les
entreprises (et pour les Etats (27)) qui ont cru que l’embellie de 2010 était
le signe d’un retour « à la normale » de l’économie mondiale. Et enfin elle le
sera pour les investisseurs qui n’ont pas compris que les valeurs d’hier
(titres, monnaies, ….) ne pouvaient pas être celles de demain (en tout cas pour
plusieurs années). L’Histoire est généralement « bonne fille ». Elle donne
souvent un coup de semonce avant de balayer le passé. Cette fois-ci, elle a
donné le coup de semonce en 2008. Nous estimons qu’en 2011, elle donnera le
coup de balai. Seuls les acteurs qui ont entrepris, même laborieusement, même
partiellement, de s’adapter aux nouvelles conditions générées par la crise
pourront tenir ; pour les autres le chaos est au bout du chemin. »
Si, comme l’explique Hubert Védrine, ancien
ministre des Affaires étrangères « Quelque
chose de considérable a commencé en Tunisie… » (Les Echos, Grand angle,
mardi 6 février 2011, p.11), j’ajouterai que ce « quelque chose de
considérable » est partout à l’œuvre, qui se répand tranquillement, qui
éveille comme en France, par exemple, pour le moment, les consciences d’une
population qui mesure parfaitement l’intolérable différence de traitement et le
mépris affiché à son endroit par ces « élites
dirigeantes » qu’il convient désormais de chasser des positions et
avantages qu’ils se sont généreusement distribués.
PS Pour Kéké . Soutien accordé.