Voxagora : « Et que vous fassiez suivre cette remarque du quelque chose qui tourne autour de la complicité ne fait qu’enfoncer ce clou . Car ce corps pris dans son ensemble est complice, qui ne manifeste que s’il ne risque rien, ou pas grand chose en tout cas. »
Je refuse de formuler des généralités. Personne ne me fera croire que ce corps est globalement complice de la politique du pouvoir. Il y a de tout chez les magistrats, des complices, des soumis, des tiedes, des contestataires, des gens qui font des arrangements, des gens vraiment honnêtes. Je pense que les petits juges qui s’occupent des petites affaires ne sont guere soupçonnables. Il est facile de critiquer, mais il faut bien penser qu’il est extrêmement difficile à un juge d’adopter une position contestataire dans ce milieu, ne serait-ce que parce sa carrière en serait cassée. En outre, je pense que la majorité des juges ne sont pas conscients de l’existence de réseaux, ceux-ci savent se protéger et se camoufler. En outre, ils ont à priori une grande confiance au départ dans le système, sinon ils n’y feraient pas carrière. D’où la difficulté de le remettre en cause.
Villach : Comment savez-vous que « le reste est globalement honnête » ? Par enquête ? Votre flair ? Comme Georges Marchais estimant que « le bilan soviétique était globalement positif » ?
Je n’en sais rien, comment le savoir précisément ? Mais il parait évident que si le système était complètement vicié, on le saurait. Les jeunes qui s’engagent dans le métier ont majoritairement foi en la justice. Je ne vois pas comment on en ferait des pourris. Si c’était le cas, on aurait beaucoup plus de témoignages. Vous parlez de dérives, qui ne me paraissent pas avérées d’ailleurs, mais vous oubliez toutes les affaires réglées de façon satisfaisante, Vous oubliez tous les juges qui essaient de garder une justice humaine, en contradiction avec les injonctions Sarkosystes de sévérité brutale. Je suis conscient des manques de la justice, mais c’est un problème global de formation, de contrôle, de soumission au pouvoir, de charge de travail, de moyens. Accuser les juges seuls est facile et mal venu.
Mais le système est fait de telle sorte qu’il faut devenir malhonnête pour faire carrière comme dans l’Éducation nationale.
Montgolfier n’est pas le seul. Il est sur qu’il faut accepter quelques arrangements pour monter dans la hiérarchie. mais comment faire autrement dans un système vicié ? De la à qualifier les gens de malhonnêtes, c’est une facilité que je refuse. Et les systèmes hiérarchiques sains, j’en connais pas beaucoup.
Voyez cet obscurcissement des esprits qui a conduit des magistrats à ne dénoncer que la violation de leur présomption d’innocence et à ignorer celle du suspect !
Caricatural. Vous n’arrêtez pas de faire des généralités, ce que je me refuse, parce que cela me parait essentiellement faux. Et le mouvement actuel qui me parait sincère, ne relève pas de gens profondément malhonnêtes.