Salut mon ami Bernard. J’espère que tu vas bien, et je souhaite que tes projets aboutissent, par exemple la publication de ton livre.
Pour en revenir à ton excellent sujet du jour. L’APA a bien donné une définition de l’intelligence, mais elle est balayée par des hommes comme Howard Gardner. Pour moi, l’intelligence n’est rien d’autre que l’adaptation à son environnement. Tu connais l’histoire de ce comptable américain qui après avoir eu un accident de la route a conservé son « intelligence » mais l’a rendu inapte aux relations sociales. Etait-il demeuré vraiment intelligent après son accident ?
En réalité, il existe un mot pour définir ta première partie : motilité. Tu connais ce mot employé d’abord en biologie et qui gagne aujourd’hui la psychologie, addition de motivation et mobilité. Chaque organisme est motivé pour se mouvoir, soit pour accomplir un objectif pour lequel il a été en quelque sorte « programmé » (les guillemets sont d’usage, et je n’ai pas le temps d’expliquer).
Oui, les plantes communiquent et sont également « intelligentes ». Je relate ici une expérience pratiquée dans plusieurs classes aux US. On a divisé 3 groupes de classes. Dans le premier, les élèves disaient aux plantes qu’elles étaient belles, intéressantes, etc. Dans le second, les élèves ne parlaient pas aux plantes. Dans le dernier, les élèves disaient aux plantes qu’elles étaient moches, inintéressantes, etc. Résultat ? Les plantes du premier groupe se sont mieux développées que celles du second (appelé « groupe de contrôle ») qui se sont elles-mêmes mieux développées que celles du troisième.
Les plantes apprennent-elles ? Oui. Je reprends ici un exemple célèbre que l’on utilise lorsqu’on donne des cours sur le fonctionnement biologique de la mémoire et de l’apprentissage, celui de la Dionaea muscipula, une plante carnivore. Lorsqu’un insecte frôle les cils (on dit « hairs » en anglais, je ne suis pas certain du terme spécifique en français, n’ayant pas étudié la neuro en France), la plante se referme sur elle-même et capture l’insecte pour la digérer. Mais voilà, il peut y avoir de fausses alarmes, aussi la plante a-t-elle évolué et il faut qu’au moins deux cils soient successivement touchés pour entraîner la réponse mécanique, soit la capture de l’insecte. Nous assistons bien à une réponse altérée sous l’effet d’un stimulus environnemental, soit un exemple d’apprentissage au sens biologique.
Les plantes sont donc des êtres vivants qui méritent bien plus d’attention et de considération qu’on ne les leur porte. Et n’oublions pas les nombreuses erreurs scientifiques qui viennent de ce qu’on n’étudie pas l’objet d’étude dans son milieu naturel. Si on coupe une rose pour l’étudier dans un laboratoire, on étudie une rose coupée, pas la rose. Autre erreur commune, mais liée au statut d’observateur : la possibilité de n’observer que ce qui est observable. Or il existe quantité de phénomènes non observables. Enfin, je vais arrêter ici, il y aurait trop à dire.
A plus cher ami. Et pour ton bouquin, publie-le à compte d’auteur ou traduis-le en anglais et tu trouveras plus volontiers un éditeur.