Bonsoir
Permettez-moi Olivier de rectifier votre billet. Contrairement au mythe qui décidément a la vie dure, Einstein était brillant dans toutes les matières. Il ne se trouvait pas bon – avec une moyenne d’environ 16 (je cite de mémoire) en langues -, mais ce n’était qu’une impression purement personnelle. Et Einstein travaillait beaucoup.
On a étudié le cerveau d’Einstein pour découvrir qu’il était en tout point identique au commun des mortels au niveau du poids, du nombre de neurones, de la densité des connexions entre les hémisphères cérébraux, de la taille des lobes frontaux, sièges des fonctions supérieures.
Pourtant, le cerveau d’Einstein était particulier. Les lobes pariétaux non seulement étaient plus volumineux que dans un cerveau normal, mais ils étaient aussi asymétriques, le lobe gauche étant plus large que le droit. Witelson pense qu’ils se sont considérablement développés pendant l’enfance, et en vient à cette conclusion par l’analyse du sillon.
Le lobe pariétal est fondamental pour la mémoire de travail, une des mémoires à court terme, celle qui nous permet de traiter en même temps un certain nombre d’informations. D’ailleurs, la mémoire de travail est un facteur prédictif de réussite scolaire bien plus important que la mesure du QI qui ne signifie rien.
Peut-on booster la mémoire de travail ? Oui, avec des exercices appropriés, mais c’est très long. J’ai moi-même conçu et testé ce genre d’exercices, qui n’ont rien à voir avec ceux que vous pouvez acheter sur la nintendo.
D’autre part, la réussite scolaire est dépendante de nombreux facteurs impossibles à résumer, mais se pose le problème que tout pédagogue sérieux connaît : la transposition du savoir, le passage de l’information à la connaissance et qui répond à la question : comment utiliser ce qu’on a appris dans un contexte pour résoudre un problème dans un contexte différent ?
Ca n’est pas tout. L’école (au sens le plus large) s’adresse aux intelligences linguistiques, spatiales et hypothético-déductives, laissant les autres intelligences de côté. Or, la réussite sociale s’appuie beaucoup sur l’intelligence interpersonnelle et intrapersonnelle.
Enfin, et c’est l’essentiel, tout le monde a la faculté de s’améliorer grandement. Contrairement à l’idée reçue, on peut faire d’un âne un cheval de course… à condition de lui proposer l’entraînement adéquat. Parole de pédagogue.