>> « Il n’est pas
responsable d’envisager de prolonger la durée de vie des centrales nucléaire au
delà de 30 ans pour des raisons
évidentes de sécurité, et a fortiori à l’ère post-Fukushima.
Votre affirmation ne se base pas sur la logique. Fukushima était
ancienne, mais à subi un séisme de magnitude 9 et un tsunami de plus de 10
mètres. TMI avait un peu plus d’un an, Tchernobyl avait moins de 10 ans. Ces
raisons « évidentes » ne sont bien sûr évidentes que pour vous.
>> « Enfin, les
réserves d’uranium 235 sont très limitées (60 ans au rythme de
consommation mondiale actuel selon l’AIEA, 30 ans si cette consommation
double) : il n’est donc pas réaliste, indépendement des questions de
sécurité, d’envisager une durée de vie de 60 ans pour les EPR. »
Je veux bien que vous me montriez le lien donnant ces
chiffres, on pourra alors parler de cette hypothèse pénalisante.
De plus, vous raisonnez mal. Une « réserve » ne
veut rien dire en soit. Aucune théorie déplétioniste n’a jamais eu raison.
Des réserves d’uranium énormes existent sous forme de
sulfates, ou encore des réserves inépuisables dans l’eau de mer. Des japonais [http://www.physics.harvard.edu/ wilson/energypmp/2009_Tamada.pdf],
par l’utilisation intelligente des courants marins (vous allez aimer),
proposent un uranium issu de l’eau de mer proposent un dispositif susceptible
d’extraire l’uranium de l’eau de mer à un tarif de 130 $ la libre d’U3O8. Pas
si loin du marché pour un dispositif expérimental. Le combustible ne
représentant que 10 ou 15% du coût de l’électricité nucléaire, même un
doublement du coût du combustible ne représente qu’une augmentation 20 à 30% du
coût de l’électricité.
Enfin vous oubliez bien sûr le recyclage du plutonium (30%
d’économie), les surgénérateurs, les réacteurs au thorium etc…
10/ Démantèlement
>>« L’Agence Internationale de l’Energie retient 3€/W (sans le
démantèlement dont le coût est estimé à 100G€ par le cour des comptes et la
gestion des déchets sur des milliers d’années), ce qui fait, pour 60 GW, 180 G€ »
Vous citez la Cours des Comptes, mais vous ne l’avez à l’évidence
pas lu. Vous ne maîtrisez pas les notions de coût actualisé, et de provisions
pour démantèlement, par ailleurs imposées par la loi. Vous vous accrochez sur
vos 100 G€ sans comprendre qu’il sont déjà en partie payés, par le tarif
terriblement prohibitif que vous payez tous les mois.
Et si EDF s’est fait taper sur les doigts, c’est que pour le
Cours des comptes, il manquait 7 G€ sur ces provisions, ce qu’EDF est
susceptible de payer sur bénéfices propres (sans augmentation de tarif) en
moins de deux ans. A condition qu’on ne lui extorque par des milliards pour
TARTAM, NOME, bien sûr.
Documentez-vous
>>« Réponse : Démonter une éolienne prend une
demi-journée. »
Démonter 40.000 éoliennes prend 20.000 journées. Enfin, c’est
bon pour dédé qui démonte son éolienne chinois de jardin cassée. A l’évidence
vous n’y connaissez rien.
>>« Le coût est marginal.. »
Je vous demande justement de quantifier ce marginal
>>« L’acier, le cuivre et de nombreux matériaux constitutif
sont recyclables et donc valorisables.. »
A quel prix ?
>>
« avec à la clé de nombreux emplois créés en France. Plus de 300 000 personnes travaillent dans les énergies
renouvelables en Allemagne. »
Juste une expérience : on arrête les subventions et les
obligations de rachat juste un an, et on regarde ce qu’il en reste. Si vous êtes
si sûr de la durabilité de ces emplois (et donc sur leur existence réelle),
vous ne devriez rien craindre.
>>« François Lempérière, polytechnicien,
expert énergie, ex-président du CFGB et président du comité de
réduction des coûts du CIGB »
Ca ne m’impressionne pas du tout.
>>« je ne vois pas quel plaisir on peut prendre en écrivant cela. »
Un calcul d’ordre de grandeur est toujours intéressant.
>>« 30
TWh de (bio)méthane répartis sur 10000 sites de stockage (1 par commune
française en moyenne, stockant la production des agriculteurs, des stations
d’épuration etc.), cela fait 3 GWh (108 TJ) par site. Hiroshima : 63 TJ.
L’explosion de l’un de ses sites serait bien entendu catastrophique pour le
voisinage immédiat, mais ne conduirait pas à une crise du type Fukushima,
pollution qui s’inscrit dans la durée. Le nucléaire est dangereux pour la santé
et l’environnement, avec (Tchernobyl) ou sans (Fukushima) explosion. »
Je suis persuadé que vous afficherez qu’il y a 10.000
Hiroshima qui quadrillent le territoire beaucoup de gens trouveront moins
vendeur votre présentation. Chiche ? Vous l’écrivez ? Pour mémoire :
Hiroshima 70.000 morts. Le jour où vous parviendrez à un tel nombre de morts
dus au nucléaire civil dans toute l’histoire de la planète, on en rediscutera.
Entre une dose de 50 mSv et une explosion je choisis la
dose. On peut guérir les malades. On ne ressuscite pas les morts.
>>« je
vous invite à revoir vos calculs sur la base des éléments sus-mentionnés dans
les différents points abordés. »
En l’occurrence, c’est vous qui proposez un chiffrage ;
je ne referais donc pas mes calculs. Prenez ou pas mes remarques en compte, je
m’en moque complètement. Mais si vous voulez convaincre, votre chiffrage n’est
pas acceptable en l’état, il est partial, incomplet, beaucoup trop risqué, vous
manquez clairement de culture sur le nucléaire pour être crédible, et vous
ignorez les remarques les plus critiques. On change une de vos hypothèses, vos
coûts explosent ; et vous avez tellement chargé la mule sur le nucléaire, que
les coûts n’augmenteront pas sensiblement. Votre analyse n’est pas robuste.