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Commentaire de Thucydide

sur Découverte d'un mammifère fossile de type loutre remontant au Jurassique


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Thucydide Thucydide 10 mars 2006 19:15

Non, ce que vous dites est inexact à bien des égards. L’évolution ne va pas uniquement dans le sens de la meilleure performance, mais dans celui de la survie, et la survie peut passer par une dégénérescence, même si, globalement, les êtres vivants tendent à augmenter de complexité.

Ainsi, le ténia, ou ver solitaire, est dépourvu de tout appareil digestif ou nerveux, contrairement aux planaires, qui appartiennent au même groupe et sont pourtant plus primitives. Les puces ont perdu la faculté de voler, alors qu’elles sont plus évoluées que les criquets. D’une manière générale, toutes les espèces qui tendent vers le parasitisme dégénèrent. Autre exemple : les plantes dégénèrent lorsqu’elles redeviennent aquatiques, et tendent à perdre leur appareil radiculaire et vasculaire, se rapprochant de l’organisation beaucoup plus simple des algues.

Quant aux capacités cognitives des oiseaux, sachez que sur certains plans -la numération en particulier- les tests de comportement les placent devant même les chimpanzés (mais sur d’autres, non). Il a été prouvé que non seulement les oiseaux peuvent utiliser des outils, mais que dans certaines circonstances, ils peuvent en fabriquer (ce qui, jusqu’ici, a d’abord été considéré comme le propre de l’homme, puis des seuls singes anthropoïdes). Ensuite, il est très sommaire, et même faux, de dire que le développement cognitif est le propre des espèces faibles. Avant même d’être l’espèce dominante, l’homme était l’une des espèces au sommet de la chaîne alimentaire, avec très peu de prédateurs -les félins, essentiellement. Idem pour les grands-singes (chimpanzés, gorille et orang-outan), qui n’ont quasiment pas de prédateur autre que l’homme -exceptionnellement, le léopard ou le lion. Les éléphants, qui ne sont qu’encore plus exceptionnellement (pratiquement jamais) la proie du lion ou du tigre, ont également une intelligence hors norme. Il en est de même des cétacés à dents, au premier rang desquels la fameuse orque (ou épaulard), qui n’avait aucun ennemi naturel jusqu’à ce que l’homme ne s’en mêle.

Enfin, si une autre planète a développé une vie intelligente, la chance qu’elle ressemble à un humain est infinitésimale. Il suffit simplement que les conditions physiques de cette planète soient différentes -gravité, composition de l’atmosphère, nombre de satellites naturels, taille du soleil, distance, etc.- pour que l’évolution soit radicalement différente, beaucoup plus courte ou beaucoup plus longue que chez nous. Même si vous imaginez des êtres à quatre membres -ce qui est plausible si la gravité est proche de la nôtre et s’il existe des terres émergées-, rien ne vous dit seulement que le cerveau sera situé dans la tête. Il est tout à fait imaginable qu’il se trouve bien au chaud et bien à l’abri parmi les viscères. Son emplacement actuel est dû à l’histoire de l’évolution de notre lignée de vertébrés, mais il est loin d’être optimal. (D’ailleurs, dans une voiture, placeriez-vous l’ordinateur de bord dans la calandre ou le pare-choc avant ?) Simplement, aucun mammifère (ni aucun vertébré) ne fera le « saut évolutif » qui consiste à transférer ce cerveau ailleurs. Aucun impératif de survie immédiate ne peut amorcer le mouvement de cette masse nerveuse, maintenant qu’elle est si complexe et développée.


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