Maintenant, je vais parler de la Police.
Il y a des enfants de 8 ans qui disent vouloir devenir policier. Hormis l’attrait du gun, un enfant peut se vouloir policier parce qu’il s’est fait une haute idée non des policiers ou de la Police mais des gens. En effet, l’enfant qui veut devenir policier est convaincu que les gens sont massivement honnêtes et qu’il n’aura donc à pourchasser qu’une petite proportion de bandits sous les vivas et les bravos de la foule. Cet enfant là n’imagine pas qu’il aura à sanctionner dix fois son père et sa soeur tellement honnêtes.
Il est possible que certains de ces enfants grandissent en conservant cette vision idéalisée de la Société. En ce cas, ils seront déçus de ne pas trouver dans leur vie de flic, cette belle ligne de démarcation à laquelle ils croyaient.
En dehors de quelques cas particuliers qu’on peut trouver dans les petits villages, le citadin des grandes villes profite toujours, quoi qu’il en dise, de l’anonymat plus important pour se dérober à certaines règles. Dans les grandes villes, chacun est un peu bandit et considère la Police de manière ambigüe. Et réciproquement.
Dans les grandes agglomérations, chacun est et se sent d’autant plus bandit, qu’il est verbalisé par le même policier qui arrête les grands bandits.
Il n’est pas possible d’attendre d’un automobiliste qui vient de se prendre sa centième prune par un flic en tenue Z, qu’il collabore à l’arrestation d’un voleur en racontant ce qu’il a vu à un flic en tenue Z.
Sur la voie publique, sur la route, passent de grands bandits. La Police met un point d’honneur à ce qu’un grand bandit arrêté par hasard sur la route, ne puisse pas décamper. Ce qui, en plus de la confusion des genres, crée des courses poursuites absolue souvent désastreuses. Cette dureté policière sur la route est contreproductive.
Elle sauve peut-être 2000 vies, mais elle met constamment en face à face le citoyen avec la version la plus dure de la Police. Il ne peut s’ensuivre qu’un rejet et un refus de collaborer.
Il vaudrait mieux diviser la Police en deux corps très distincts et, osons-le, profondément séparés (pas d’échanges de fichiers). Le corps auquel le citoyen sera confronté au quotidien, celui de la route, ne fera de ses interpellés que des délinquants de la route, jamais rien de plus et tant pis si de gros bandits passant entre ses mains n’en sortiront qu’avec de banals PV. Cette Police de l’ordinaire ne devra jamais poursuivre ou prendre en chasse qui que ce soit.
Chaque fois qu’on voudra contrôler les vols de voiture, les transports de drogue ou d’armes, les domiciles, les piétons, les usagers des transports en commun, ça devra être fait par une autre Police, plus dure. Si cette Police plus dure croise un automobiliste grillant un feu, elle ne devra pas intervenir, ni même cafarder à la Police de la route. C’est à cette condition que le citoyen pourra accepter de collaborer avec la Police dure qui ne l’aura jamais emmerdé pour une ceinture non attachée.