C’est une autre question, et non des moindres : le rejet de l’inceste est-il naturel, génétique, ou culturel ?
En fait le débat divise les anthropologues encore aujourd’hui : la prohibition de l’inceste est-elles une étape culturelle qui fait de l’Homme un être social obéissant à une Loi. ou bien est-elle naturelle ? Voici un petit extrait d’un site qui synthétise ce débat :
"La question de la prohibition de l’inceste constitue une vexata quaestio
de l’anthropologie, une question qui, depuis l’origine, bourrelle le
repos des philosophes, une question controversée et sans réponse
certaine... Avec, pourtant, des certitudes péremptoires.
Cela n’est pas un hasard, car ce qui est en cause, c’est ni plus
ni moins ce qui nous distingue des bêtes... C’est en effet une évidence
de l’anthropologie universelle et du sens commun de dire que nous
autres, les hommes, à la différence des bêtes – et à la différence des
barbares aussi – vivons sous le règne de la Loi. Par opposition à
l’indifférence panmictique, culture signifie distinction et
discrimination. “L’incestueux est comme le ver de terre, disent les
Jivaros, il rentre dans le premier trou venu”. La discussion sur la
prohibition de l’inceste symbolise ou focalise ce passage de la nature à
la culture. Cette vexata quaestio est donc aussi ce que les
étudiants d’aujourd’hui appelleraient une “question bateau” et ceux
d’hier un “pont-aux-ânes”, non seulement de l’anthropologie, mais aussi
de la culture citoyenne de l’espèce."
http://www.anthropologieenligne.com/pages/13.1.html
C’est donc un débat fondamental. A noter qu’à aucun moment les anthropologues ne disent que l’inceste est à vomir. Ils analysent sa prohibition non comme une réaction émotionnelle à forte symptomatique physique, mais comme un choix de société. C’est intéressant.
Le rejet viscéral de la majorité des gens est peut-être induit culturellement.
Personnellement je me sens bien plus à l’aise avec une compréhension de la Loi qu’avec une réaction émotionnelle. La Loi est plus opérante pour moi. Quand je sais le pourquoi d’une chose la page est tournée. La Loi nourrit mon besoin de cohérence, l’émotionnel pas.
Au fond c’est peut-être normal que ce thème suscite tant de réactions violentes, étant donné l’enjeu identitaire de l’espèce humaine qui se joue là et que même les anthropologues n’ont pas encore pu trancher.
L’inceste, une vexata quaestio. C’est en tous cas un vrai thème de société.