Il n’y a sans doute pas que le domaine proprement artistique. Sur internet, par exemple, on cherche à étouffer les blogs et Wikipédia semble vouloir devenir une sorte d’ « encyclopédie unique » gouvernée par des administrateurs pour l’essentiel anonymes et avec des méthodes de « police virtuelle » très contestables.
Voir, par exemple, notre article de ce jour :
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/06/15/wikiped ia-et-police-de-l-internet-ii.html
Wikipédia et police de l’internet (II)
Le 15 juin, Atlantico diffuse une interview du chercheur français Olivier Roy, avec le titre « Le club Bilderberg nourrit des fantasmes paranoïaques ridicules ». A propos de la réunion tenue à Saint-Moritz la semaine dernière. Olivier Roy déclare : « Je n’étais qu’invité par le club Bilderberg »,
précisant qu’il ne fait pas partie du comité organisateur. Mais il
oublie d’ajouter que c’est le cas de la plupart des participants, et que
c’est loin d’être la première fois qu’il est invité aux réunions de
Bilderberg. Quant au « fond des discussions » de Bilderberg, il serait d’après Roy « privé, pas secret ».
Sauf que les hauts responsables d’instances officielles, de banques et
de multinationales constituent l’essentiel des participants. Il
conviendra d’examiner plus en détail les analyses parues à l’occasion de
la conférence de Bilderberg de 2011, de même que l’article de Flore Vasseur du 15 juin (Marianne)
sur la députée islandaise Birgitta Jonsdottir. Mais que penser du
fonctionnement de Wikipédia dans des domaines analogues ? Si la
conférence de Bilderberg diffuse une liste nominative des participants,
aucune relation équivalente des administrateurs de Wikipédia ne se
trouve à la disposition du public, les administrateurs de cette
encyclopédie virtuelle étant pour l’essentiel anonymes. Et s’il est aisé
de trouver sur la Toile un curriculum vitae de chaque
participant déclaré à la conférence de Bilderberg, ce qui permet de se
faire une opinion sur les intérêts qu’il représente, tel n’est pas le
cas de la plupart des administrateurs de Wikipédia dont les éventuels
conflits d’intérêts échappent au contrôle des citoyens. En même temps,
Wikipédia « ne garantit pas le contenu mis en ligne » et déclare
ne pas posséder de comité éditorial. Qui, alors, contrôle le bien-fondé
des nombreuses sanctions de blocage prises par les administrateurs
anonymes de Wikipédia contre des utilisateurs et d’autres internautes
exprimant des opinions « dissidentes » ? Si Bilderberg est soupçonné de
constituer un outil de gouvernance mondiale par les participants à ses
réunions, que penser de Wikipédia avec sa « version du savoir » régie
par des administrateurs anonymes ? Et que penser des procédés de police
virtuelle de ces administrateurs, tels le « test du canard » ou le « vérificateur d’adresses IP » ?
[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/06/15/wikiped ia-et-police-de-l-internet-ii.html ]
Cordialement
Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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