Une nation qui sera peut être enterrée par elle même et cela ne sera pas a l’église.
Il n’est pas
mauvais non plus de rappeler que Race était alors un termes générique et pas
encore connote. La troisième république en usait et en abusait en France sans
aucune arrière pensée et avec une conscience aiguë du fait que la France était
justement a peu prêt le seul pays d’Europe n’ayant pas de réelle unité
anthropologique. De la même façon, j’imagine, les Quebecois recourait à ce
terme tout en sachant qu’ils étaient souvent mâtinés d’indien, tant il est vrai
que le colonialisme de type français répugne rarement à se mélanger avec les
locaux.
Et cela d’autant
plus que catholiques. Emmanuel Todd a merveilleusement montre dans ses livres
qu’il est peu de corpus idéologique aussi universaliste que le Catholicisme, a part
peut être l’Islam.
Oui mais c’est
vrai, « étant ou ayant été catholique ». C’est bien le fond du problème.
Car si il est vrai que l’on entend parfois parler de Quebecois « pure
laine » c’est aussi depuis que ce catholicisme dépéri.
C’est aussi la
perte du sens qui entraîne le déclin. Avec la disparition de ce qui constituait
la colonne vertébrale intellectuelle spirituelle, culturelle du Québec, on peut
se demander si ce n’est pas le Québec lui-même qui disparaît. Il ne s’agit
nullement de survaloriser le papisme, mais de constater qu’une espérance
collective est, plus que « l’excellence » la condition de survie d’un
peuple ou d’une nation, éventuellement d’une
langue. Pour prendre un exemple un peu paradoxale, tant qu’il y avait
encore une poignée de gens qui croyaient au communisme et en faisait l’espérance
collective du pays, la Russie soviétique, dans des conditions absurdes, a néanmoins
été encore capable de grandes choses, et notamment de fasciner des tas d »autres ».
Quand tous cela est devenu un maniérisme, comme par exemple une fête de saint
Jean baptiste qui ne serait plus qu’une occasion de pic nic, on est entre dans
la stagnation Brejnévienne et il fallait être vraiment très éloignes du système
pour être encore fascine en tant qu’ »autre ».
De la même façon,
la Bretagne est restée bretonisante tant qu’elle est restée catholique, mais si
désormais quelques instits et animateurs sociocul tentent deseperemment de ranimer
le Breton, c’est de façon assez artificielle. Les plus énergique n’étant
parfois pas eux-mêmes bretons… !
A la manière des
Quebecois, ils ont essaye de remplacer l’espérance par une sorte de néo
socialisme régionalisant, mais a part dans les urnes, le succès est très
partiel.
Dans les
invasions barbares, a un moment, les anciens combattant de la révolution
tranquille se plaignent de ce que les étudiants ne croient plus a rien. Ah si
ils avaient eu des profs comme les nôtres ! Disent ils, eux qui sont tous
profs, tous PQistes, tous « ayant été catholiques » et tous…. ayant été
élevés chez les bons pères. Il me semble que c’est le drame de cette génération
qui est doublement sortie de l’église. Elle en est issue, et elle l’a quitte
avec fracas. Elle ne comprend pas le déclin culturel, démographique, etc… qui
touche le pays.
On en peut pas
obliger les gens a redevenir catho, mais il me semble qu’une réévaluation positive
du rôle du catholicisme, de ses messages authentiquement universalistes, égalitaires,
populaires serait certainement une étape obligée pour redonner aux Quebecois un
espoir, un projet, et donc une séduction vis-à-vis des « autres ». Comme
le disait Malraux, la beauté des cultures morte appelle aux plus belle renaissance.
Mais pour cela, il faudrait que les élites intellectuelles Quebecoises sortent
de ce syndrome a mon avis importe de France, qui leur fait voir dans leur
propre catholicisme historique quelque chose entre Mussolini et Vichy.
Dans la chanson
Degeneration presque tout est dit avec un trou noir, qui est justement le
catholicisme…..La seule chose dont ils ne parlent pas et celle qui détermine
tout le reste
On ne s’improvise
pas chef cuisinier. La passion récente du Québec pour la cuisine, qui transparaît
aussi dans les films d’Arcand n’est pas très convaincante de la part du peuple
dont la principale contribution au patrimoine mondial en la matière est la
poutine (que personnellement j’aime beaucoup) La cuisine, même française ne
sera pas une identité de substitution. La fete de la musique non plus….
Au jour d’aujourd’hui,
en observateur sympathisant mais lointain, et donc certainement pas au fait de
toutes les réalités locales, je vois le Québec français mal partis dans l’ensemble.
Un aller retour le long du Saint Laurent
pour ne voir que de rares personnes tondant leurs pelouses.
Un signe d’espoir ?
Les indiens ! Au pèlerinage de Saint Anne, il n’y avait qu’eux. Francophones,
Catholiques, ayant une démographie qui tient encore la route, ils sont peut être
le seul vrai espoir du Français en Amérique…..
Si vous
abandonnez l’héritage de vos mères, par paresse ?, par nihilisme ? Par
honte ? Par acceptation du message implicite de la société dominante qui
est quand même en gros que le catholicisme est la religion des paumes pas trop
intellos (et je sais de quoi je parle comme protestant) au moins est il entre
de bonne mains….