Rien d’étonnant à ce que la candidature d’Aubry ait eu peu d’échos dans les médias ; premièrement, elle était d’une platitude sans nom, mais surtout, le système médiatique a déjà choisi Hollande et Sarkozy comme concurrents principaux à la présidence de la République.
D’ailleurs, afin de gagner du temps, ils ont déjà filmé le débat de l’entre-deux tours de 2012, dont voici la retranscription en exclusivité :
-Poujadas : Nous allons commencer ce débat par le premier sujet, à savoir l’Europe. M. Hollande, la parole est à vous.
- Hollande : Merci M. Poujadas. Je tiens d’abord à rappeler que le parti socialiste a toujours unanimement soutenu (sauf Fabius, mais il a été mis au placard) les différents traités visant à centraliser tous les pouvoirs législatif , exécutif et judiciaire d’Europe. Ainsi, 80% des lois votées par les députés français en 2010 émanaient du Parlement Européen. Mais c’est encore trop peu, le populisme guette, et notre objectif est de passer à 100% durant notre mandat.
-Poujadas. Merci M. Hollande, la parole revient maintenant à M. Sarkozy.
-Sarkozy : Merci David. Pour revenir à ce que disait M. Hollande, je pense au contraire que moins s’investir dans l’Europe serait un suicide économique, et ne parlons même pas de la quitter... Ainsi, la réforme constitutionnelle que j’ai initiée en mai 2011 pour subordonner un Etat à l’Union Européenne en cas de déficit n’est que le premier pas de la politique que je compte mener durant mon second mandat pour limiter encore plus la souveraineté des Etats, et combattre ainsi le populisme.
[...]
-Poujadas : Sujet suivant : l’insécurité. Nous vous écoutons M. Hollande.
- Hollande : Oui, le sentiment d’insécurité est un problème, mais ce n’est jamais qu’un sentiment. De plus, les auteurs de délits et crimes (qui n’ont pas lieu, puisqu’il s’agit d’un sentiment) le font uniquement à cause de leur situation sociale, comme ne le prouve d’ailleurs aucune étude scientifique. Le projet du parti socialiste est donc d’éduquer les gens afin qu’ils ne considèrent plus un incendie de voiture comme un délit, mais une incartade. Ainsi, les chiffres de la délinquance diminueront, puisque les gens ne porteront plus plainte.
- Sarkozy : Vous niez la souffrance des français, M. Hollande, et je trouve cela inacceptable. Les français ont droit à la sécurité, et m’ont élu pour cela, pour faire fonctionner le kärcher. C’est pourquoi mon plan de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux continuera à s’appliquer à la police et la gendarmerie.
[...]
- Poujadas : Nous abordond maintenent notre dernier sujet : l’immigration.
- Hollande : L’accueil de l’autre est au coeur des valeurs de la gauche, et nous nous faisons un devoir des les perpétuer. Le gouvernement Jospin délivrait 120.000 titres de séjour par an, nous nous engageons à monter ce chiffre à 150.000.
- Sarkozy : Vos propos sont irresponsables. L’immigration est déjà trop élevée, et les français l’ont clairement fait savoir. Il ne faut pas l’augmenter, mais au contraire la réduire. 200.000 titres de séjour étaient délivrés chaque année sous mon mandat, et je m’engage, comme l’a indiqué Claude Guéant, à rabaisser ce chiffre à 180.000.
- Hollande : Cette proposition est inhumaine, M. Sarkozy ! Vous faites le lit du fascisme !
- Sarkozy : Je conçois que mes propos puissent déranger, M. Hollande. Mais un président doit savoir se montrer ferme pour le bien de son peuple.
Ah, le bipartisme à la française...