Bien que n’étant pas un connaisseur des obligations, il me semble qu’il y a un petit problème dans le raisonnement présenté dans cet article.
En effet, pour qu’un état rachète des obligations, il lui faut du cash. Or, les états très endettés n’en ont évidemment pas. Si l’état empruntait pour racheter ses obligations, la situation deviendrait un peu absurde, puisque l’emprunt se ferait en émettant de nouvelles obligations. Il n’y aurait donc qu’une destruction partielle d’obligations (par exemple, si une ancienne obligation vaut 50 % de sa valeur faciale, rachat de deux obligations anciennes pour une nouvelle obligation émise).
D’un autre côté, les taux d’intérêts payés par la Grèce sont très
élevés, de l’ordre de 30 % annuels. A partir d’un certain seuil de taux
d’intérêt, il pourrait être effectivement plus avantageux de racheter
des obligations plutôt que payer ces intérêts colossaux.
Dans la pratique, si on prend la Grèce comme exemple, les prêts accordés par l’UE et le FMI sont déjà entièrement gagés par les intérêts à payer sur les anciennes obligations. Il ne reste aucune disponibilité pour un programme de rachat d’obligations.
Et comme l’objectif de « l’aide » européenne n’est pas de secourir la Grèce, mais bien de (1) sauver les banques et les rentiers en leur versant les intérêts promis et (2) en profiter pour finir de voler tout le patrimoine tangible des Grecs, cela m’étonnerait que les prêteurs/voleurs acceptent d’aider la Grèce à alléger sa dette par rachat d’obligations, même si cela était finalement financièrement faisable.
En attendant, le sang de la Grèce et de tous les états endettés va continuer de couler, pour rien, pour satisfaire la soif inextinguible des vampires.
Qu’en pensez-vous ?