@ L’auteur,
Finalement, le seul tort de cette thérapeute serait d’avoir déclaré « La plaignante a bien été violée et elle ne ment pas » plutôt que "Tous
les éléments cliniques que j’ai recueillis me porte à juger que...
etc.".
Je ne vois pas bien où serait la grave faute professionnelle que vous entendez dénoncer dans le fait
de présenter maladroitement sa conviction comme une certitude. Etant
entendu que l’intéressée intervient ici comme témoin et non expert.
Est-ce ce seul raccourci qui vous indigne ? Où est-ce finalement l’idée
qu’un psychologue formé au soutien et à l’accueil des victimes de
violence puisse avoir sur la question un avis plus probant qu’un ami qui dirait "Oh
oui, je la crois. Elle a l’air bien traumatisée et c’est pas une
menteuse" ?
Autre chose : savez-vous qu’en théorie, les expertises de crédibilité
des plaignants n’existent plus en France ?
Les experts psys ne sont plus censés se prononcer sur l’éventuel
existence d’un trouble — fantasmé ou non — de mythomanie, hytérie, psychose et autre. Eh oui, on aura fini par s’aviser que cela revenait ni plus ni moins à dépénaliser les violences commises sur les personnes diagnostiquées comme porteuses de ces troubles.
Désormais, les expertises de plaignants sont censées porter sur les éventuelles traces de séquelles
traumatiques. Il est aussi parfois demandé à l’expert de se prononcer
sur le risque psychologique qu’une confrontation à l’accusé pourrait
présenter pour le/la plaignant(e). (Quelle affreuse dérive victimaire, n’est-ce pas ?)
En pratique, bien des enquêteurs et des experts restent fixés sur la
recherche de pathologies pouvant permettre de conclure que le plaignant a
menti. Sachant qu’en France, l’expertise du plaignant est en général le
premier (et parfois le dernier) acte d’enquête, une telle pratique revient à commencer par enquête à décharge, ce qui est une absurdité
totale, à ma connaissance réservée au seul traitement des plaintes pour violence sexuelle.