Un journaliste pourrait être intéressé par un article sur Elio Ciolini.
Le nom d’ Elio Ciolini traverse les 40 ou 50 dernières années de l’histoire de l’extrême-droite et de l’escroquerie.
Il a notamment fait parler de lui en Bolivie (déjà à l’extrême-droite), en Italie, en Suisse et en Belgique.
En Belgique, il a été proche de la « bande Haemers » (une bande spécialisée dans les attaques de fourgons et qui a aussi « enlevé » l’ancien premier ministre Paul Vanden Boyenants). Il s’était fait connaître sous le faux nom de « Colonel Bastiani ».
Il a touché de l’argent de la bande Haemers (pour un financement occulte ?). A l’époque (27/03/1991), le journal belge « La Dernière Heure » avait publié deux articles intéressants mais le journaliste responsable (Gilbert Dumont) ne semblait pas s’être rendu compte du rôle qu’Elio Ciolini avait déjà joué en Bolivie ( il était particulièrement proche de Stefano Delle Chiaie) ainsi que dans la Loge italienne P2.
En Italie, Elio Ciolini a lancé des fausses pistes après l’attentat de la gare de Bologne en 1980 (notamment une « loge de Monte Carlo »). Les enquêteurs ont perdu beaucoup de temps à clarifier la situation. Il a alors fait de la prison en Suisse (Champ Dollon). Il avait un certain humour car une des sociétés « écrans » qu’il a créées en Belgique s’appelait « Dollon ».
Ce qui m’a frappé il y a quelques années, c’est que les journalistes italiens ne semblaient rien connaître de son passage en Belgique (où il a aussi été condamné mais était en fuite) et réciproquement.
Il a encore fait parler de lui en lançant des rumeurs de préparatifs d’attentats ...
Il y a peu il a été arrêté en Suisse dans une très grosse affaire d’escroquerie. Il est en attente de jugement à Rome. Cette escroquerie était-elle destinée à un financement occulte (de l’extrême-droite) ?
On a dit de lui (et il a dit de lui-même) qu’il travaillait pour la CIA ... ou pour les services secrets français.
En fait, il a rarement déclaré toute la vérité et rien que la vérité ... et il reste énigmatique. Il doit cependant savoir beaucoup de choses sur les « années de plomb » en Europe.
Je crois que des journalistes devraient s’y intéresser à un moment où l’on parle loge P4 en Italie et où un nouvel attentat d’extrême-droite vient de se produire.