Vous avez dit : Et le livre de Raspail, qui ne vaut pas tripette littéraire, pourtant,
s’est retrouvé récemment en tête de gondole à la FNAC.... invité à "Ce
Soir ou Jamais, " de Taddei, c’était vraiment lui faire trop d’honneur !
Taddei, pour présenter le livre le résumera ainsi " donc, le bouquin préconisait en gros, de tirer dans le tas,
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LE CAMP DES SAINTS - écrit en 1973 - N’EST PAS DU TOUT CE QUE VOUS EN DITES !
C’est un livre de politique fiction : l’histoire d’un convois de malheureux venus depuis le Bangladesh sur une dizaine de cargos rouillés, qui s’échouent leurs anvires - après un voyage périlleux - pour débarquer sur une plage de la côte d’azur ; des villageois tentent de préparer la défense de leur village car les nouveaux venus ne sont pas pacifiques, mais l’Etat français, en réponse à leur appel au secours, envoie un avion militaire ... bombarder la mairie.
Quand à Jean RASPAIL, son oeuvre et sa vie ne sont pas rien ; et ses voyages comme en canoë du nord canadien jusqu’à la Nouvelle Orléans en canoë, témoignent d’un caractère trempé !
A quoi peut-on reconnaître un grand
écrivain ?
http://jeanraspail.free.fr/invitation.htm
J’ai beaucoup aimé « Qui se souvient des Hommes » , une histoire du peuple de Patagonie, venu, du nord canadien :e
Ce livre est un
roman.
Je l’ai écrit à
partir de témoignages historiques, de recherches personnelles et de
différentes hypothèses. L’absence totale de sensibilité moderne de la
part de tous ceux — Darwin notamment - qui furent mis autrefois en
présence des Alakalufs, durant cinq siècles, leur incapacité à se
mettre dans la peau de « l’autre » m’ont conduit justement au roman.
C’était le seul moyen, par le cœur et l’imagination, de rendre justice
à ce peuple que personne n’avait jamais écouté.
A l’exception de
José Emperaire. Ce chercheur du musée de l’Homme a consacré sa vie aux
Alakalufs. Il en est mort, presque aussi oublié que ce peuple dont il
avait percé le secret. Son livre publié chez Gallimard en 1955, Les
Nomades de la mer, n’a jamais été réédité, même en poche. Cette
absence me semble aussi désolante que le seraient celles de Soustelle,
de Lévi-Strauss ou d’Alexandra David-Neel.
Je dois aussi
souligner un fait : en 1951, lors d’un voyage en Terre de Feu,
franchissant le détroit de Magellan, j’ai rencontré, l’espace d’une
heure, sous la neige, dans le vent, l’un des derniers canots des
Alakalufs. Je ne l’oublierai jamais. C’est toujours la même scène
décrite par d’autres voyageurs, Byron, Bougainville, Dumont d’Urville,
l’amiral Barthes, José Emperaire lui-même. Elle m’a hanté, dans Le
Jeu du Roi, notamment, et dans deux autres de mes livres. Enfin,
cette fois, je l’exorcise, en lui donnant sa vraie dimension, je
l’espère, à la mesure de l’éternité où repose à présent ce peuple.
Cette rencontre au carrefour des temps est le fondement de mon livre :
quelques braises au centre du canot pour faire renaître le feu, deux
femmes en haillons, un enfant triste, trois rameurs aux yeux
d’outre-monde... D’avoir mesuré le fossé qui me séparait de ces
malheureux m’en a justement rapproché.
Les Alakalufs ont
porté différents noms au cours de leur longue histoire, mais nul avant
José Emperaire n’a su comment ils se désignaient eux-mêmes :
Kaweskars, les Hommes. On les croyait dépourvus de vrai langage,
s’exprimant par onomatopées. En réalité ils avaient une langue très
riche où manquaient seulement tragiquement les mots qui expriment le
bonheur et la beauté. Pour ne pas lasser le lecteur, je n’ai fait
appel qu’avec parcimonie à leur vocabulaire, recueilli par José
Emperaire. Un glossaire n’est pas nécessaire. Par les rares mots que
je leur ai empruntés, j’ai simplement voulu retrouver une musique de
l’âme aujourd’hui définitivement disparue.
A certains de mes
lecteurs catholiques qui risqueraient d’être choqués par le chapitre
consacré à la mission salésienne de l’île Dawson, je dirai qu’il y a
eu là, véritablement, douloureusement, une double incompatibilité
absolue : celle des Alakalufs avec la civilisation et avec la
révélation évangélique. La mission catholique de l’île Dawson restera
l’une des causes déterminantes de la disparition des Alakalufs. Ils ne
croyaient pas en un dieu bon et miséricordieux, et ce dieu le leur a
fait payer. Comme il m’est difficile de l’admettre, j’ai donc imaginé
un autre développement : Dieu est en effet un personnage de ce roman.