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Commentaire de hommelibre

sur Marche des salopes et paroles de policier : un étudiant témoigne


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hommelibre hommelibre 17 septembre 2011 22:11

Morgane,

J’ai hésité a vous répondre en ressortant des chiffres, d’autres chiffres. Mais comme dit Bertrand cela devient une bataille d’experts.

Je mets en avant trois points :

1. Le ressenti de femmes victimes ou ayant une raison familiale ou professionnelle d’être en relation avec des victimes. Je peux comprendre le ressentiment. Je le mentionne dans mon article.

2. Je pourrais décrire en partie avec les mêmes mots ce que vivent des hommes faussement accusés. J’ai assisté à ou suivi des procès, avec condamnation, alors qu’une analyse froide, hors prétoire, montrerait que les contradictions et invraisemblances devraient démonter l’accusation. J’ai vécu personnellement le rire du juge d’instruction quand un homme affirme son innocence, et ses phrases dénigrantes quand il démontre pièces à l’appui des mensonges. L’expérience personnelle m’a amené à la théorie. Mais actuellement on est tous coincés : plus l’on parle des fausses accusations, plus on doute des accusatrices. Plus on croit les accusatrices (hors preuves) moins on croit les hommes innocents.

3. J’ai de la peine à prendre pour argent comptant les paroles d’une personne qui parle seule (l’auteure de l’article). Entre autres à cause de mon expérience professionnelle dans d’autres domaines où les mécanisme du justicier solitaire sont aussi actifs. Je ne déjuge pas ce qu’elle dit, mais j’ai besoin d’autres éléments de preuve. Pour cette raison, je ne peux pas prétendre moi-même avoir raison si je ne suis pas validé par d’autres, ou par des études fiables.

Cela devient alors, en effet, une bataille d’experts. L’émotion qui baigne ces affaires aveugle. Dire que seulement 3% de viols aboutissent à une condamnation est une chose invérifiable. D’autant plus quand les chiffres donnés par des groupes féministes au printemps, et dont on ne connaît pas la source, varient de 48’000 à 75’000 en quelques semaines. Le gonflement des chiffres est récurrent dans les milieux féministes, cela depuis plus de 10 ans. Il y a aujourd’hui une légitime suspicion à l’égard de ceux-ci.

Un exemple :

http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/08/28/300-000-femmes-battues-ou-les-folles-du-quebec.html

Si l’on croit ces chiffres, on doit croire aux chiffres d’hommes victimes de violence conjugale (20 à 50% selon les études et les pays), aux chiffres de fausses accusations (8 à 40% selon les études), etc.

J’en viendrais parfois à penser, pour trancher : ne prenons que les chiffres des condamnations. Ceux-là sont au moins matérialisés par une procédure. Tous les autres que sont qu’extrapolations.

On m’a parfois reproché de manquer de recul sur ma propre expérience. Je travailler à laisser l’émotion de côté, c’est une condition pour voir plus clair. Je pourrais faire le même reproche à l’auteure des articles. Elle parle de l’affaire DSK avec un fond émotionnel visible. Elle fait aussi un déni de justice à l’encontre des conclusions de Vance. Elle n’est plus dans la rationalité mais dans la croyance, et montre - comme moi je pourrais le montrer si je ne suis pas assez rigoureux - une partialité gênante. Je pourrais aussi dire que je n’ai pas plus de raison de la croire quand elle cite des cas sans moyen de les vérifier, que l’on n’a de raison de me croire si moi aussi je cite des cas que je connais.

La solution ? Une vraie étude pluripartite internationale, avec des personnes venues de divers horizons de manière équilibrée, où l’on développe plusieurs niveau d’analyse sur les chiffres, avec un discours critique à l’égard de ses propres méthodologies. Car actuellement, tant que l’on est dans l’extrapolation et que les chiffres supposés sont invérifiables, il y a forcément un biais méthodologique. Le rapport rendu devra exposer ses méthodologies, ses contradictions, ses tendances majoritaires et minoritaires.

Quand je lis que 16% des femmes ont été l’objet d’agressions sexuelles ou de tentatives, ce chiffre ne colle pas avec d’autres qui disent moins de 10%, d’autres 20% et plus.

Où est la vérité ? Est-elle complète en ce qui concerne les violences sexuelles et familiales (puisque c’est de cela que l’on parle) ? Que doit-on en tirer comme conclusions ? Quelle prévention peut en sortir ?

A mon avis quand on sera sorti du clivage hommes-bourreaux et femmes-victimes, quand on reconnaîtra aussi la violence féminine dans sa réalité humaine, qualitative et quantitative, on aura fait un pas important. La violence vue de manière clivée comme actuellement ne pourra pas changer tant que justement elle est clivée. Il y a un mécanisme de blocage dans ce clivage.


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