Permettez-moi de saluer cette réflexion intelligente et
mûrie. Dans le contexte de la réforme, on a vu pulluler les interventions
superficielles et caricaturales mais, depuis lors, le soufflé est retombé et il
paraît que le sujet n’intéresse plus personne.
Il me semble que la réforme territoriale gagnerait en cohérence en partant d’un
objectif simple : donner aux territoires une taille et des moyens leur
permettant d’assumer directement leurs compétences. En effet, l’émiettement
communal a été l’allié objectif d’une centralisation forcenée. L’omniprésence
et la distance de l’Etat ont conduit les Français à considérer que la chose
publique n’était pas vraiment la leur et que les finances publiques n’étaient
pas leur affaire non plus. On voit les résultats aujourd’hui. De plus, la toute-puissance de cet Etat
lointain et sévère, qui multiplie les régimes d’autorisation administratives
dans un système où la liberté est censée être la règle, conduit à convaincre
les citoyens et leurs groupements qu’ils sont d’éternels mineurs et ruine tout
esprit d’initiative et de responsabilité.
S’il faut réformer les collectivités locales, ce n’est pas
pour anéantir la liberté primordiale des communautés rurales, c’est pour la
fonder.