Morice
Tu es manipulable. Depuis les fresques de DSK, c’est devenu une
mode que de dresser le portrait sexuel de celui qu’on veut abattre.
Ainsi donc Morice le Grand fait confiance au Monde.
Apprenez donc, mon cher, mon très cher Morice, qu’il y a
quelques mois les journaux avaient trouvé une amazone de la garde
rapprochée de Kadhafi qui avait témoigné elle aussi en accusant
Kadhafi d’avoir abusé d’elle. Ils ont oublié l’ancienne mais
aujourd’hui il en ont trouvé une nouvelle.
Ça tombe bien. Il faut justifier l’assassinat du monstre qu’était
Kadhafi mais je remarque aussi que le témoin accusateur veut garder
l’anonymat et qu’elle dit avoir très peur. Mais de qui ? Kadhafi
étant mort ainsi que son pouvoir, il n’y a plus danger normalement.
Pourquoi cette journaliste qui a fait le déplacement jusqu’à
Tripoli comme si on l’avait appelé exprès pour l’entendre, nous
dit que c’est dangereux pour elle de témoigner ? Pourquoi ? La réponse
est simple. Pour dramatiser, pour tenir le lecteur en suspens et ça
marche parce que notre curiosité a été piquée au vif et que nous
voulons en savoir plus comme si on lisait un roman. Mais avec cette
différence que ce qui nous est donné à lire n’est pas fictif mais
réel. Tout a été vécu du moins nous le croyons puisqu’on nous dit
que c’est témoignage.
Or en continuant ma lecture, je m’aperçois que nous ne lisons
pas un témoignage mais seulement le récit de la journaliste. Nous
apprenons que la jeune fille s’est enfuie de Libye en 2009. On y
apprend que Kadhafi boit de l’alcool lui qui est musulman et qu’il se
drogue avec de la cocaïne et qu’il a forcé la pauvre jeune fille à
en consommer et qu’elle a risqué une overdose.
Pour finir, ce
n’est pas un témoignage que j’ai lu mais le portrait abominable d’un
Kadhafi pervers sexuel qui ne sera pas là pour se défendre vu qu’il
est mort.
En plus il est
pédophile.
Son assassinat est
donc justifié. Il n’a obtenu ce qu’il méritait. On appelle ça la
justice immanente.
Voilà où t’en es
réduit mon pauvre Morice à n’être que le relai de la propagande.
On ne parle plus
de la souffrance du peuple Libyen victime d’une guerre mais d’un
roman qui tiendrait dans une feuille A4.
Tellement il est
mauvais qu’on ne veut pas en lire davantage.
Autant lire du
San-Antonio c’est plus sexy.