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Commentaire de Mariesg

sur L'apprentissage précoce des langues vivantes


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Mariesg (---.---.107.234) 16 janvier 2007 20:57

@Skirlet

Oups, désolée, j’ai été débordée et je n’ai pas reconsulté l’article.

Alors, je réponds aux questions dans l’ordre dans lequel elles se présentent...

1. Pourquoi remanie-t-on les classes ? Je tiens d’abord à préciser que chaque école tourne à sa façon, et qu’il n’y a aucune obligation de remanier les classes - et que dans les petites écoles comme à la campagne, il n’y a pas de remaniement. Cela étant dit, pourquoi le fait-on là où on le fait ? Pour séparer les petits monstres ou du moins les mélanges explosifs. Eh oui, il y a parfois besoin d’éloigner certains enfants les uns des autres, pour qu’ils s’épanouissent mieux, ne se laissent pas entraîner par les uns ou les autres, ne choisissent pas un bouc émissaire... C’est aussi parfois nécessaire pour avoir des classes plus homogènes les unes par rapport aux autres. Malgré les liens qui existent entre la maternelle et l’élémentaire, ce ne sont pas forcément ceux qu’on croyait qui réussissent le mieux en CP. Du coup, on peut se retrouver avec une classe excellente et une autre qui regroupe tous les enfants en difficulté. Il est donc parfois nécessaire de « casser » un groupe trop en échec pour avoir des classes plus équilibrées, histoire que les collègues aient un travail plus simple à faire. C’est important aussi que les enfants se mélangent, ne restent pas toute leur scolarité entre eux. C’est lourd parfois, de voir tous les jours les mêmes visages. Surtout s’il y en a un dans le tas qu’on n’apprécie pas. Ca peut être bien aussi, pour que le seul redoublant ne soit pas stigmatisé d’entrée comme étant le seul pas comme les autres, issu d’une autre classe etc. Bref, vivre ensemble, oui, mais pas à n’importe quel prix. Ce qui n’empêche pas de construire les classes en fonction de chacun des enfants, de ses affinités et de ses besoins. Et ce qui n’empêche pas, parfois, de garder un groupe au moins deux ans sans le remanier... Tout dépend de tout, en fait...

- Dans les programmes officiels (de 2002), on ne précise pas clairement que les enfants doivent apprendre la même langue tout au long du primaire. Mais, d’une part il existe probablement des textes officiels d’application que je ne connais pas (B.O. ou autre), et d’autre part, les objectifs à atteindre en fin de scolarité sont suffisamment approfondis pour qu’il soit nécessaire d’avoir pratiqué la langue durant 3 ans. Donc une seule langue, oui.

- Les programmes de 2002 ont changé l’approche des langues. Avant, il s’agissait plus d’une initiation, d’une ouverture de l’oreille, d’une découverte culturelle, bref de tout ce que j’aimerais retrouver. La tendance à faire de la pré-sixième est donc clairement énoncée dans les programmes. On doit faire essentiellement de l’oral, mais l’écrit est aussi très présent. Et on demande aux enfants d’avoir acquis en fin de primaire « le niveau A1 de l’échelle de niveaux de Cadre européen de référence pour les langues » (publié par le conseil de l’Europe). C’est assez exigent, et les enfants passent une évaluation de fin de CM2 qui est finalement assez complexe.

- Je ne sais pas quel est le texte officiel pour le choix de la langue en sixième. S’agit-il de désinformation ou pas ? Je ne sais pas. Il semblerait que le projet (mais il a peut-être encore changé) serait à moyen terme : anglais pour tous en primaire (à partir du CE1 l’an prochain, puis du CP), et choix d’une seconde langue en cinquième. Je ne trouve pas ça idiot, d’ailleurs, parce qu’on ne peut pas nier que l’anglais, on l’utilise très souvent... Je crois que le problème actuel est que les programmes du collège ne prennent pas encore en compte le fait qu’une langue est enseignée en primaire - et d’ailleurs, certaines écoles n’ont pas cette initiation linguistique car personne n’y est formé et aucun moyen extérieur n’est mis en oeuvre... Du coup, ceux qui ont déjà appris des choses les revoient en sixième, et perdent un peu leur temps. Par chez nous, les profs de collège essayent de plus en plus de faire des groupes en fonction de l’initiation primaire. C’est d’ailleurs plus valorisant pour nous et surtout pour les enfants.

- A l’IUFM, pour enseigner la langue, eh bien, on a des cours de langue. Vocabulaire, structures grammaticales et morpho-syntaxiques, phonétique etc. On travaille aussi sur la culture du pays. Bref, des cours de langue, quoi ! (pas pour débutants : il faut déjà connaître un minimum la langue dont on suit les cours, il s’agit plutôt d’un approfondissement ou d’une remise à niveau). D’ailleurs, actuellement, le concours de recrutement a changé et la langue est obligatoire alors qu’elle n’était qu’optionnelle quand j’ai passé le concours il y 7 ans. Bref, à côté de cela, on a des cours de didactique des langues. Comment enseigner une langue à un enfant au moyen du jeu, du chant, des jeux de rôle et autres comptines. Bref, de la didactique, comme on en a dans toutes les matières.

En tout cas, je ne suis pas du tout d’accord pour dire que cette initiation donne des résultats proches de zéro. Les enfants apprennent et retiennent et certains s’en sortent vraiment bien. Ils n’ont pas un haut niveau en langue à la sortie du primaire, mais ils savent se débrouiller pour ce qui concerne le quotidien. C’est déjà pas mal. Maintenant, on sait bien tous que pour avoir un niveau suffisant en langue, il faut être plongé dans un bain linguistique. Conclusion : l’école ne suffira jamais à faire de ces enfants des bilingues. Il faut qu’ils aillent à l’étranger et qu’ils aient de réelles raisons et motivations pour parler leur autre langue (le flirt marche pas mal, je crois... En tout cas, ça peut créer des vocations...). Je crois que, dans ce domaine, le problème de la France est son monolinguisme fondamental. La France s’est historiquement constituée autour de cette langue française. Je dirais qu’une de nos grandes caractéristiques, c’est d’avoir voulu unifier le territoire. Alors, si du coup on peut se comprendre facilement d’un bout à l’autre du pays et que c’est pratique d’avoir tous les mêmes unités de mesure, en revanche, on a beaucoup perdu dans le domaine linguistique. Parce qu’on n’a pas BESOIN de connaître plusieurs langues pour vivre en France, on a du mal à en apprendre d’autres. Dans tous les pays où plusieurs langues sont parlées (ce qui est le cas presque partout ailleurs), les gens apprennent tôt plusieurs langues et ont donc des facilités par la suite, quand ils choisissent une langue supplémentaire. En somme, ce qui a été un progrès à une époque, est aussi un frein et un gros retard... Enfin, je trouve...


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