La vision du marché américain du livre est fausse, et je n’ose imaginer votre stérétype de l’Américain moyen (inculte et vulgaire qui se gave de blockbusters avachi dans son canapé avec des popcorns à portée de main ?). Il y existe une très grande diversité, avec notamment une vraie littérature que la France importe largement, comme Don Delillo. On y trouve facilement des libraires, même si ceux-ci appartiennent à des chaines pour les raisons évoquées plus haut.
La lecture peut représenter une part vraiment importante dans la vie des gens (pensez aux centres culturels que sont NYK, San Francisco, Boston ...). Présenter ce pays comme un foyer d’inculture quand on est français, c’est l’hôpital qui se fout de la charité !
Mais il n’y a pas que les Etats-Unis, de nombreux pays ont un marché du livre épanoui, varié sans avoir dû recourir à cette méthode absurde du prix unique du livre.
Enfin, avancer que la concurrence va :
- faire baisser puis remonter les prix
- faire tomber la qualité des publications
- faire disparaître les éditeurs indépendants
Il manque dans la foulée :
- contribuer au réchauffement climatique
- augmenter les inégalités
La concurrence entre les revendeurs, c’est d’abord l’amélioration du service pour capter des publics aux attentes différentes. Il y a des périodes de tâtonnement, d’erreurs, mais globalement le service s’améliore ce que confirment tous les exemples de marchés concurrentiels (aviation, automobile, télephonie...) qui excluent naturellement certaines ressources limitées (énergies fossiles) ou aux réglementations coûteuses (eau). Les prix baissent, eh oui. Et ils ne remontent pas car dorénavant, la concurrence est globale et l’information circule mieux avec le net. Déjà, des lecteurs regardent le prix des ouvrages en français publiés par des éditeurs de pays francophones autres que le nôtre.
Ensuite, les attentes et les goûts du public ne vont pas sombrer parce que les prix baissent. Avancer pareille ineptie, c’est vraiment prendre les gens pour des cons pour leur vendre des livres le plus cher possible derrière un prétexte fallacieux. Dire que les bons écrivains vont disparaître pour la même raison, c’est aussi se moquer du monde ! Les meilleurs écrivains français ont vécu à une époque sans prix unique du livre, à ce que je sache.