Nous sommes d’accord sur presque tout, à commencer par ce
en quoi consiste un véritable RIC. Je vous félicite pour votre long combat en
faveur du RIC. Je pense que les maires s’honoreraient en exprimant leur soutien
à la démocratie en parrainant votre candidature. Et vous avez de nombreuses
bonnes idées pour la suite.
Il y a toutefois un point sur lequel nous ne sommes pas
d’accord : je pense qu’une promesse est utile, directement si elle est
tenue, indirectement si elle n’est pas tenue car cela renforcera l’indignation
populaire et sa volonté de se battre pour le RIC. Mais pour cela il faut que la
promesse soit précise (c’est pourquoi l’engagement
que nous demandons aux candidats est très précis) et qu’il soit entièrement
dans le pouvoir de l’élu de la tenir (s’engager à introduire le RIC constitue
une promesse très spéciale, car on ne peut même pas prétexter d’une grave crise
économique pour ne pas la tenir).
En restant vague dans leurs promesses, les candidats
évitent de se trouver en situation manifeste de parjure. A ma connaissance (qui
est limitée), lors des dernières présidentielles, Sarkozy n’a pas formulé de
promesses précises d’introduire le RIC : il n’a pas violé une promesse d’introduire
le RIC, pour la simple qu’il n’a pas fait cette promesse. Vous me rappelez qu’il
a dit : « A chaque grande étape de l’intégration européenne, il faut
solliciter l’avis du peuple sinon nous nous couperons de lui ». Ce n’est
pas une promesse d’introduire le RIC. Et c’est très vague : la définition
d’une « grande étape » n’est pas précisée ? Certes, il avait juré
de respecter la volonté des français sur la Constitution européenne, Il parlait
déjà d’un traité simplifié qui ne serait pas soumis au référendum, et à ma
connaissance, il ne s’est pas engagé précisément sur l’écart qu’il y aurait
entre la Constitution européenne et ce traité. Idem pour « ce peuple français qui ne
veut pas que l’on décide à sa place ». Ce n’est pas une promesse pour le
RIC. Ce n’est même pas une promesse du tout, mais un simple constat (correct d’ailleurs).
Vous évoquez aussi la 4ème promesse du programme du RPR quand
Sarkozy a été élu député en 1993. Je ne l’ai pas retrouvée sur internet (comme
vous le savez, même le terme RIC est vague, comme on a pu s’en rendre compte
avec le référendum d’initiative « partagée »). J’aimerais voir la
formulation exacte. Mais de toute façon, il y a prescription. Il faudrait
trouver une promesse précise d’introduire le RIC formulée lors de la dernière
campagne présidentielle.
Sarkozy n’est assurément pas un démocrate. Peut-être qu’il
n’y aura d’ailleurs pas de candidat démocrate susceptible d’être élu. Mais le peuple peut faire émerger la
démocratie de candidats antidémocrates en les mettant en concurrence, car ils
préfèrent obtenir un pouvoir limité plutôt que perdre les élections. On peut
bien nettoyer ses deux mains sales en les frottant l’une contre l’autre.
Nous ne pouvons pas laisser passer la présidentielle sans
au moins tenter d’obtenir des promesses précises qui nous seront utiles même si
elles ne sont pas tenues. Si nous n’y parvenons pas, voter blanc ou nul (par
exemple en votant pour vous) sera la meilleure option qui restera. Et il y aura
les autres actions que vous prévoyez (législatives, manifestations) dont l’impact
sera renforcé si le nouveau président s’est engagé à introduire le RIC. J’encourage
tous les lecteurs à consulter le site de votre rassemblement (http://www.ric-france.fr/ ). Ils y
trouveront non seulement des arguments en faveur du RIC, mais aussi un plan de
bataille bien avancé.