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Commentaire de jean-jacques rousseau

sur La civilisation des Celtes. Son origine cananéenne


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jean-jacques rousseau 14 février 2012 06:10

Votre intervention m’a fait douter de l’origine portugaise du Campaniforme et je ne retrouve plus la carte de diffusion de cette culture sur laquelle je m’appuyais pour évoquer cette hypothèse.


Mais j’ai trouvé cet article qui me semble bien documenté (université de Bourgogne) où les chercheurs s’interrogent eux-même de cette bizarrerie : comment ce fait t-il qu’une culture que l’on associe à l’expansion Celte puisse apparaître et se développer aussi loin du débouché Hollandais et Rhénan des Pontiques ? 

« Après plus d’un siècle de recherches, les principales questions sont toujours posées et finalement peu de consensus sont apparus entre les spécialistes.

L’origine du phénomène demeure une question débattue. Depuis le rejet des hypothèses extravagantes émises au début du XXe siècle, comme celle de l’Egypte, trois régions sont demeurées les plus souvent évoquées (Péninsule Ibérique, Europe centrale et Rhin inférieur), avec une prédominance du Rhin inférieur pendant ces trente dernières années. Un certain nombre de recherches actuelles (techniques de fabrications des vases et des décors, distributions des datations radiocarbones) semblent converger vers une origine ibérique, et peut-être portugaise, du phénomène. »

[...]
« La caractérisation précise des assemblages campaniformes et la mise en évidence stricte de ces trois phases permet d’envisager l’origine des différents éléments attribués au Campaniforme, non pas comme un ensemble unique d’objets provenant de diverses régions d’Europe, mais comme une succession d’influx et de contacts privilégiés avec certaines régions plus ou moins précises.

Ainsi la première phase de l’implantation campaniforme montre de notables affinités avec la Péninsule Ibérique et peut-être en particulier avec le Portugal alors que rien n’évoque clairement les régions d’Europe du nord (Pays-Bas) ou d’Europe centrale où certains ont voulu voir l’origine du phénomène. Cette origine supposée est conforme avec l’analyse technologique des céramiques et avec l’examen de l’importance des corpus qui envisagent aussi le Portugal comme région d’origine. Par ailleurs, les plus récentes synthèses concernant les datations disponibles pour le Campaniformes montrent elles aussi très nettement l’antériorité du Campaniforme du sud-ouest de l’Europe sur celui des régions plus orientales ou septentrionales (Bailly & Salanova, 1999 ; Müller & van Willigen, 2001).

Au Campaniforme récent, avec le groupe Rhodano-Provençal, c’est encore une fois la Péninsule Ibérique qui offre les meilleures comparaisons, mais celles-ci se trouvent alors non plus au Portugal mais en Espagne, et particulièrement dans la zone du groupe régional de Ciempozuelos qui couvre une large part du nord, de l’est et du sud de la péninsule. L’identité de certaines productions céramiques, en particulier, est tellement forte qu’elle suppose des contacts importants et répétés faisant à ce moment de la France méditerranéenne une province espagnole. Cependant, le groupe Rhodano-Provençal montre aussi l’existence d’autres affinités plutôt centre-européennes pour certains types de céramiques et de parures. Il faut alors envisager le Midi français dans une position de relais entre l’origine probable du phénomène dans la Péninsule Ibérique et les régions de diffusions lointaines au nord et à l’est qui rediffusent à leur tour et en retour des éléments de leurs propres traditions.
En plus de cette double influence, où la Péninsule Ibérique demeure en position dominante, l’apparition d’une même tradition pour la céramique domestique qui va être partagée par de nombreux groupes en France, en Suisse et en Italie (Besse, 2003, Leonini 2002), définissant un ensemble « méridional » face à d’autres ensembles qui se développent en Europe septentrionale et centrale, pose la question de l’identité et de l’autonomie de ces groupes campaniformes. A l’échelle européenne, le Campaniforme présente alors au moins deux grands pôles avec d’une part la Péninsule Ibérique et une Europe méditerranéenne et occidentale et d’autre part l’Europe centrale et septentrionale, où le Campaniforme se développe de façon très importante en remplacement de la culture cordée. »


L’hypothèse que nous évoquions de la difficulté de s’installer entre -3.500 et -3.000 sur le « territoire français » semble tenir le coup. Les camps fortifiés chasséens semblent décourager toute velléité des migrants proto-celte de coloniser la région et ils auraient appliqués des tactiques de contournement et d’infiltration vers l’Ouest.
Vers -2.400 ils auraient réussi une certaine avancée sur l’axe Alpes - Bretagne. La présence de l’Archer d’Amesbury atteste la possibilité d’une circulation sécurisée entre ces deux régions en même temps la culture Campaniforme est déja étendue sur la facade atlantique jusque vers les Pays-bas et a l’intérieur des terres vers le bassin parisien et l’Europe centrale.

Mais comment une culture tres localisée et excentrée avec un foyer d’origine au Portugal et la Galicie a t-elle pu etre reconnue par un ensemble celtique aussi vaste ? Probablement que les routes de communication étaient toujours ouvertes et qu’il y a eu un contact constant entre « l’outre-mer » celtique (portugal, espagne) et « l’hinterland »... Peut-être une destination culturelle et estivale pour des étudiants de bonnes familles et autres privilégiés du régime ? 

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