Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne : la situation est de pire en
pire.
Dans ces cinq pays, l’économie réelle agonise.
1- Le Portugal :
Le Portugal pourrait être
contraint à demander une aide supplémentaire à ses créanciers.
« Il y a un risque que
l’ajustement budgétaire conduise à une contraction plus grande » que prévu a
indiqué au quotidien Jornal de Negocios, l’Ethiopien Abebe Selassié,
représentant le FMI au sein de la « Troïka » (UE-FMI-BCE) des créanciers du
Portugal.
En raison des mesures de
rigueur – réduction des salaires des fonctionnaires, des retraites et des
prestations sociales, hausse généralisée des impôts – l’économie portugaise
devrait reculer cette année de – 3,3 % et le chômage atteindre 14,5 % fin 2012.
Ces mauvaises prévisions
ont suscité des craintes selon lesquelles le Portugal pourrait être contraint à
demander une aide supplémentaire à ses créanciers voire même une
restructuration de sa dette.
2- L’Irlande :
L’Irlande pourrait avoir besoin d’un second plan de sauvetage.
Ireland is likely to need a second bailout when its current aid program
ends, rating agency Moody’s warned today.
In its weekly credit outlook report, Moody’s also warned a No vote in
the upcoming fiscal treaty referendum would bar Ireland from receiving further
funds under the European Stability Mechanism (ESM).
The agency predicted the Government would have to rely on the ESM for
additional funding after the existing bailout program expires in 2014.
http://www.irishtimes.com/newspaper/breaking/2012/0305/breaking27.html
3- L’Italie :
L’Italie,
entrée en récession fin 2011, a accusé une chute de sa production industrielle
de - 2,5 % en janvier sur un mois, soit beaucoup plus importante que prévu, a annoncé
vendredi 9 mars l’institut de statistiques Istat dans un communiqué.
Cette
chute de la production de l’industrie italienne, pilier de la troisième
économie de la zone euro, est largement supérieure au repli de - 0,8 % attendu
par les économistes, selon un consensus établi par Dow Jones Newswires.
Exprimée
en données corrigées des variations saisonnières, elle intervient après une hausse
de 1,2 % en décembre.
Sur
un an, en données corrigées des variations calendaires, la production
industrielle a accusé une chute de - 5 %, alors que les économistes tablaient
sur un repli de - 0,5 %, toujours selon Dow Jones Newswires.
Sur
un mois, les secteurs ayant accusé les plus forts replis de leur production
sont notamment l’industrie du bois et du papier (- 7,1 %), l’industrie
pharmaceutique (- 4,9 %) ou les machines-outils (- 4,1 %).
Plombée
par des plans d’austérité à la chaîne destinés à rassurer les marchés,
l’économie italienne est entrée en récession fin 2011 avec un repli de son PIB
de - 0,7 % au quatrième trimestre après un recul de - 0,2 % au troisième
trimestre.
Pour
cette année, le gouvernement table sur un repli du PIB de - 0,4 %. Mais les
institutions internationales sont beaucoup plus pessimistes : Bruxelles
s’attend à une contraction de - 1,3 %, et le FMI prévoit une baisse de - 2,2 %.
http://www.romandie.com/news/n/Italie_chute_de_25_de_la_production_industri elle_en_janvier090320121031.asp
4- La Grèce :
Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans.
Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés,
Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son
fardeau.
La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du
problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau
soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des
investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès
lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui
est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques
années.
« Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme
sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la
Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de
l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de
6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015,
alors que la Troïka table sur 4 %. »
Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance
primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un
excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès
lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau
d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.
Un risque encore plus important attend Athènes : le risque politique. La
colère du peuple grec pourrait se traduire prochainement dans les urnes. Les
intentions de vote inquiètent déjà la communauté internationale : le Pasok (le
parti actuellement au pouvoir) et son rival Nouvelle Démocratie sont en déclin,
alors que les partis des extrêmes font une percée. Les objectifs de rigueur
assignés à Athènes pourraient dès lors être sérieusement menacés.
« Le nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros est censé couvrir
complètement les besoins de financement d’Athènes jusqu’à la fin 2014 »,
rappelle Ioannis Sokos, chez BNP Paribas. « Cela signifie qu’en 2015, la Grèce
devra soit bénéficier d’un nouveau programme de soutien, soit emprunter sur les
marchés, soit faire défaut et opérer une nouvelle restructuration de sa dette .
» Or, à ce jour, aucun analyste ne croit que le pays pourra faire appel aux
marchés financiers dès 2015...
Les autres scénarios mettent les créanciers officiels de la Grèce en première
ligne. « La dette grecque va passer des mains du privé au public, à savoir le
FMI, l’Union européenne, le Fonds de stabilité européen (FESF), et la Banque
centrale européenne », explique Ioannis Sokos. Selon lui, en 2015, le FESF aura
une créance de 167 milliards d’euros sur Athènes, celle de l’UE et du FMI
atteindra 64 milliards. En face, les obligations grecques détenus par les
investisseurs, ne représenteront que 62 milliards, soit 18 % de la dette.
Selon OpenEurope, un cercle de réflexion britannique, la dette entre les
mains des prêteurs officiels va passer de 36 % en ce début d’année à 85 % d’ici
2015 %. Une vraie menace pour les contribuables de la zone euro.
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201940494675-un-nouveau-plan-pour-la-grece-probable-d-ici-deux-a-trois-ans-300159.php
5- L’Espagne :
Tous les indicateurs sont dans le rouge. Le gouvernement espagnol
prévoit un recul du PIB de - 1,7 % en 2012, a annoncé vendredi 2 mars la
porte-parole du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, alors que le pays
s’apprête à entrer en récession. Le PIB espagnol était en effet recul de - 0,3
% au quatrième trimestre et "cette tendance va se maintenir durant encore
deux trimestres", a précisé le ministre de l’Economie Luis de Guindos.
Le gouvernement entend se fixer "un cadre macroéconomique qui part
d’une prévision de croissance négative de - 1,7 %", a affirmé Soraya Saenz
de Santamaria. Un chiffre qui va au-delà de la prévision de la banque centrale
espagnole qui tablait sur un recul de l’activité de - 1,5 %, n’espérant qu’une
« modeste reprise » en 2013.
Le déficit public espagnol va nettement dépasser l’objectif prévu en
2012 et atteindre 5,8 % du PIB, avait averti peu auparavant, à l’issue d’un
sommet européen à Bruxelles, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy.
Problème : ces résultats ne permettent pas à Madrid de respecter ses
engagements auprès de la Commission européenne.
L’Espagne souffre en outre d’un chômage de masse - le plus élevé
d’Europe - avec près de 23 % de la population active qui est sans emploi. Et de
ce côté là non plus, les choses n’iront pas en s’arrangeant puisque le
gouvernement ibère prévoit un taux de chômage de 24,3 % en 2012.
http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120302trib000686003/chomage-dette-recession-le-cocktail-perdant-de-l-espagne-en-2012.html