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  • Premier article le 06/02/2008
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  • BA 15 juillet 12:43

    Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc.


    Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique.


    Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents … et bien sûr l’incontournable Zbigniew Brzezinski. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».


    Lisez cet extrait :


    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».


    Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.


    Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.


    Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour la survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.


    L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »


    Source :


    Hans-Peter Martin, Harald Schumann, « Le piège de la mondialisation », Actes Sud, page 12.


    https://www.amazon.fr/mondialisation-Lagression-contre-d%C3%A9mocratie-prosp%C3%A9rit%C3%A9/dp/2742731040/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1519886350&sr=8-1&keywords=LE+PIEGE+DE+LA+MONDIALISATION




  • BA 15 juillet 12:42

    Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc.


    Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique.


    Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents … et bien sûr l’incontournable Zbigniew Brzezinski. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».


    Lisez cet extrait :


    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».


    Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.


    Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.


    Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour la survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.


    L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »


    Source :


    Hans-Peter Martin, Harald Schumann, « Le piège de la mondialisation », Actes Sud, page 12.


    https://www.amazon.fr/mondialisation-Lagression-contre-d%C3%A9mocratie-prosp%C3%A9rit%C3%A9/dp/2742731040/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1519886350&sr=8-1&keywords=LE+PIEGE+DE+LA+MONDIALISATION




  • BA 15 juillet 12:41

    Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc.


    Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique.


    Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents … et bien sûr l’incontournable Zbigniew Brzezinski. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».


    Lisez cet extrait :


    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».


    Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.


    Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.


    Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour la survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.


    L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »


    Source :


    Hans-Peter Martin, Harald Schumann, « Le piège de la mondialisation », Actes Sud, page 12.


    https://www.amazon.fr/mondialisation-Lagression-contre-d%C3%A9mocratie-prosp%C3%A9rit%C3%A9/dp/2742731040/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1519886350&sr=8-1&keywords=LE+PIEGE+DE+LA+MONDIALISATION




  • BA 15 juillet 12:39
    Salafisme : « un rapport qui sonne l’alarme » dit Le Figaro. Non, il sonne le glas pour la France !

    Il a fallu des mois de travail et de consultations pour le rédiger. Ce rapport dit simplement ce que nous savons tous depuis longtemps.

    Dans « Le tambour » de Günter Grass, un gamin tape avec ses baguettes sur l’instrument à la première apparition de drapeaux à croix gammée. Personne ne l’écoute. Les drapeaux se font plus nombreux, il tape plus fort. Personne ne l’écoute. Les drapeaux nazis envahissent l’Allemagne. Il tape encore plus fort. Personne ne l’écoute.

    Ainsi en est-il des dizaines de rapports sur l’islamisme, le terrorisme et la criminalité en banlieue. Des millions dépensés, des centaines d’intervenants auditionnés. Et tout ça pour quoi ? Pour rien.

    Qui les lit ? Qui les met en œuvre ? Personne. Comme personne n’écoutait le tambour de Günter Grass.

    Le dernier en date émane du Sénat. Il dit que des pans entiers de notre territoire échappent à la loi commune et que ça date des émeutes de 2005 (treize ans déjà !), quand les « quartiers » ont été, par lâcheté, abandonnés aux « grands frères », aux dealers et aux imams salafistes.

    Nous le savions, nous le criions, nous l’écrivions. Personne ne nous écoutait. Une consolation toutefois : avec les sénateurs, dont le texte est destiné à la corbeille à papiers de l’Elysée et de Matignon, nous sommes en belle et aristocratique compagnie…

    Ce rapport que personne au sommet de l’État ne lira nous apprend quand même des choses. Et c’est pire que ce que nous pouvions imaginer.

    Entre 2015 et 2017, 4 000 enfants supplémentaires, originaires des « quartiers » ont été volontairement déscolarisés par leurs parents pour suivre, paraît-il, des cours à domicile. Sans doute que dans leurs familles se méfiait-on d’un enseignement très mécréant. Comment pouvait-on accepter que les profs blasphèment en expliquant scientifiquement l’origine de la vie sur Terre alors que cette miraculeuse apparition était due à Allah et à lui seul !

    Qui va enseigner à ces enfants ? Un grand frère réputé sage parce qu’il aura fait le pèlerinage de La Mecque  ? Un imam quelconque et obtus ? Ces enfants vont grandir. Et nous serons pour eux des aliens.

    La commission d’enquête du Sénat s’est penchée sur le nouveau discours de Daech. L’organisation reconnaît qu’elle a perdu des batailles en Syrie et en Irak. Elle proclame que ces défaites l’ont rendue plus forte pour gagner la guerre.

    Daech contrôlait le triangle Mossoul-Raqqa-Kobané. Elle l’a remplacé par le triangle Roubaix-Trappes-Toulouse.

    Quand à nous, nous ne livrons pas bataille. Comme ça, nous sommes certains de n’en perdre aucune. Quant à la guerre, si rien n’est fait, nous la perdrons à coup sûr.


    http://www.atlantico.fr/decryptage/salafisme-rapport-qui-sonne-alarme-dit-figaro-non-sonne-glas-pour-france-3451784.html




  • BA 3 juillet 22:32

    Un scoop du journal L’Humanité :


    Modèle social. La Macronie veut supprimer la Sécu de la Constitution.


    Les députés LREM ont voté en commission des Lois la transformation de la «  sécurité sociale  » en «  protection sociale  ». L’objectif est de rompre avec la doctrine du «  chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins  » et de brader la solidarité publique.

    Un mot, dans une Constitution, ça compte énormément. Les fondamentaux d’un pays peuvent être balayés en s’attaquant à quelques lettres. La Macronie s’y emploie  : elle a décidé de supprimer toute référence à la Sécurité sociale dans la Constitution. Comme si de rien n’était, la commission des Lois a profité du chantier de la réforme constitutionnelle pour faire disparaître l’un des piliers de notre République et de notre modèle social de la loi fondamentale.

    L’amendement 694 en question a été adopté en catimini, dans la nuit de jeudi à vendredi. Défendu par le député Olivier Véran (LREM), il s’attaque au moindre article, phrase et alinéa de la Constitution faisant référence à la Sécurité sociale, pour remplacer le mot «  sécurité  » par le mot «  protection  ».

    «  Cela prépare la fin de l’universalité de la protection sociale à la française. Le gouvernement veut détruire notre système de haut niveau financé par la cotisation pour ouvrir la porte au modèle anglo-saxon. Non content de s’attaquer aux territoires et à la démocratie avec cette réforme, l’exécutif cherche à faire péter le socle de la Sécurité sociale. à la veille d’une réforme des pensions et des retraites, c’est ouvrir une boîte de Pandore pour le modèle social français  », s’indigne le député Sébastien Jumel (PCF).

    Comme souvent, ce n’est pas comme cela que la majorité a présenté les choses. Passée maîtresse dans l’art de travestir les mots, les idées, les concepts et même les valeurs, elle a encore bluffé à tour de bras. Olivier Véran a expliqué sans rire que son amendement «  vise à étendre le champ de la loi de financement de la Sécurité sociale  », un peu comme on ferme des hôpitaux pour «  garantir l’accès aux soins  ».

    Le député, soutenu par le rapporteur Richard Ferrand, a même argumenté avoir «  besoin de cette modification constitutionnelle pour (…) intégrer demain le risque dépendance au sein de la protection sociale  ».

    Mais pourquoi remplacer le mot «  sécurité  » par «  protection  »  ? Et ce alors même que l’actuelle rédaction de la Constitution n’interdit en rien une prise en charge de la dépendance par la Sécu  ?

    Sans doute parce qu’il faut parfois modifier le nom des choses pour les détruire  : le gouvernement prépare depuis des mois l’enterrement maquillé de la Sécurité sociale. Son travail de sape a démarré dès le premier projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Fin 2017, le budget de la Sécu était amputé de 4,2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard rien que pour l’hôpital public déjà exsangue.

    «  Alors même que patients, soignants et gestionnaires nous alertent sur l’état critique des services, votre budget organise une catastrophe industrielle qui aboutira à une Sécurité sociale suffisamment indigente pour que ceux qui en ont les moyens s’en détournent et que ceux qui n’ont pas le choix la subissent  », dénonçait alors Adrien Quatennens (FI).

    En plus de ces coupes drastiques – tant pis si l’espérance de vie en bonne santé diminue et si un Français sur deux renonce à se soigner faute de moyens –, le gouvernement avait bouleversé le mode de financement de la Sécu, supprimant les cotisations maladie et chômage, et augmentant la CSG. Soit la fin du «  chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins  », qui faisait tout le sens de la création d’Ambroise Croizat.

    Depuis, l’assurance-chômage a elle aussi été dénaturée. Et la réécriture constitutionnelle voulue par l’exécutif constitue «  une condition indispensable à la création d’un système universel de retraite à points, distinguant les droits contributifs et les éléments de solidarité  », s’alarme Catherine Perret, du bureau confédéral de la CGT. En somme, la boucle est presque bouclée.

    «  Ça y est. Ils l’ont fait. Ils ont réussi à absorber la loi de finances de la Sécurité sociale dans la loi de finances tout court. C’est le graal de tous les dirigeants du Trésor depuis Raymond Barre. Et c’est un ancien inspecteur des finances, Macron, qui le fait. Cela montre à quel point sa politique date du giscardisme  », mesure Frédéric Pierru. Le docteur en sciences politiques, sociologue et chargé de recherche au CNRS y voit un changement de paradigme  : «  Le but est de stabiliser la part des dépenses sociales par rapport au PIB. C’est purement budgétaire. On passe d’une logique de droits associés au travail à une logique de solidarité qui passe par l’impôt.  »

    Dès lors, les droits sont officiellement soumis aux aléas économiques. Plus rien n’est tenu.

    «  Imaginons une crise qui baisse mécaniquement les recettes de l’État  : les pensions diminueront automatiquement. Pour les dépenses de santé, vivra-t-on ce qu’ont vécu les Anglais il y a peu  ? Des opérations ont dû y être annulées car les budgets étaient tous dépensés  », prévient Frédéric Pierru, qui considère que le «  privé lucratif  » pourra «  s’engouffrer  » dans l’espace laissé. Un retour à avant 1945.

    Le député LREM Olivier Véran ne s’en émeut pas. Pour lui, les «  défis sociaux et sanitaires auxquels nous sommes confrontés ne sont plus ceux de l’après-guerre  ». Pourtant, comme le rappelait Fabien Roussel (PCF) lors du dernier PLFSS, «  la Sécu, d’une incroyable modernité, a été mise en place dans une France en ruines. Nous sommes aujourd’hui dans une France riche. Nous avons donc les moyens de garantir la santé gratuite pour tous, à 100 %  ». L’objectif du gouvernement est tout autre. Mais sa réforme constitutionnelle est encore loin d’être votée.

    https://www.humanite.fr/modele-social-la-macronie-veut-supprimer-la-secu-de-la-constitution-657752


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