A Voxagora
Il ne s’agit pas d’instrumentaliser un témoignage mais de le faire connaitre.
Pas plus que moi l’auteur n’ignore que la France n’avait plus sa place comme puissance coloniale en Algérie au milieu du XXème siècle. Ni lui ni moi n’ignorons les atrocités commises par les uns et les autres ? Ni lui ni moi n’occultons le fait que la plupart des Pieds Noirs ont été des victimes de l’Histoire, comme les Algériens, qui n’ont pas été victimes de la seule armée française mais de leurs « frères » arabo-berbères quand leurs chefs du moment considéraient qu’ils divaguaient.
Nous souhaitons seulement que les fils et petits-fils des anciens appelés en Algérie sachent ce que fut le quotidien de leurs pères et grands-pères dans un conflit où on les avaient engagés malgré eux et qui n’ont pas toujours eu à rougir de ce qu’ils ont été amenés à faire. L’auteur de ce livre à fait la guerre, certes, mais en la subissant, et sans se salir les mains dans les exactions que certains se complaisent à évoquer en les attribuant à l’ensemble de l’armée en Algérie. Et la vision des « quinze gisants » de sa compagnie, la plupart jeunes garçons de vingt ans, tués comme des lapins dans leurs camions lors d’une embuscade à laquelle une absence imprévue lui avait permis d’échapper, continue de le hanter, cinquante ans après le drame.