La rémunération n’a jamais représenté le « mérite » ou le « travail » d’un individu, mais uniquement sa production de valeur pour ses clients, et rien d’autre. C’est la raison pour laquelle certains travaillent beaucoup mais gagnent peu (leur production n’a que peu de valeur) alors que certains travaillent peu et gagnent beaucoup (leur production a énormément de valeur). Il n’y a aucune injustice là dedans, on paye a proportion de la valeur qu’on reçoit, ça s’appelle un échange.
Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’une entreprise est une organisation privée, et qu’à ce titre ses actionnaires font ce qu’ils veulent avec leur argent. S’ils estiment que la production de valeur du patron pour l’entreprise vaut 16M, grand bien leur fasse, c’est leur argent et ils en font ce qu’ils veulent, ça ne regarde personne d’autre. Si on ne reconnait même pas la liberté d’utiliser son argent comme on veut, c’est à dire la propriété privée garanti par les déclarations des droits de l’homme, autant instaurer tout de suite un régime collectiviste où tout le monde travaille pour l’Etat, et ne parlons plus d’entreprises ou de sphère privée. Socialisons tout, et adieu l’initiative privée.
La question n’est donc pas là, mais plutôt : est-ce que le montant de ce bonus ne s’explique pas par une gestion et des investissements excessivement revus à la baisse qui mettent la société en danger ? Vu le taux que ce bonus représente (à peine quelques dixièmes de % des bénéf étalés sur 10 ans), on peut franchement relativiser, et se rendre compte que ceux qui braillent ne sont au final que des jaloux qui ne supportent pas l’enrichissement légitime des autres. Si, par contre, la taille de Publicis n’est aussi grande que par des magouilles anti-concurrentielles avec la corruption des élus, là bien entendu sa richesse devient inacceptable, et il a matière à critiquer. Voilà où le débat devrait être, au lieu de ça on se concentre à écarquiller les yeux devant un chiffre somme toute moyen comparé à ce que peuvent toucher certains sportifs ou artistes.
Ceux qui s’indigne pour tout et n’importe quoi, ici sur un chiffre, feraient bien de comprendre qu’il est bien plus indécent qu’un élu touche le fric du peuple quand bien même il fait tout pour détruire le pays, plutot que le bonus, faible au regard de la taille de l’entreprise de M. Levy. Personne ne s’indigne des retraites dorées de certains fonctionnaires complètement improductifs, mais dès qu’un privé fait bien son boulot et touche un bonus, on hurle à l’injustice. On voit bien l’indignation à sens unique d’un tas de chrypto-communistes qui n’ont pas encore digéré la chute du mur de Berlin, et qui ne supportent pas l’indépendance des individus et des entreprises.