http://blogs.mediapart.fr/blog/geri...
J’avais
commencé d’écrire un commentaire pour le site de “C dans l’air” ; puis,
à mesure que j’écrivais, je me suis demandé si un commentaire aussi
long, et un peu trop ironique, peut-être, ne méritait pas d’inaugurer un
blog ... Le voici :
“C dans l’air” fait du service commandé
(égalité des temps oblige...), et c’est très drôle. Les vaillants
journalistes (sauf M. Reynié, “politologue”, mais non moins vaillant) se
sont retroussé les manches... aux trois-quarts : z’allaient quand même
pas donner une heure entière à JLM ! À 44’ 35", démarrage sur Cheminade,
mais comme il y avait les questions SMS, après à peine 10mn – le temps
de le flinguer sommairement –, retour à JLM.
Quelques réflexions que m’ont inspirées ce grand moment de journalisme critique...
J’ai
adoré le moment où l’onctueux – pardonnez-moi... – M. Calvi s’est
demandé tout haut si vraiment jusque là les médias avaient maltraité M.
Mélenchon... Mais non, bien sûr, Monsieur Calvi, si on ne l’a jamais vu
chez vous, c’est uniquement parce que vous avez des sujets autrement
plus importants à traiter : la couleur des cravates, le prix des paris
sur les principaux canassons du PMU électoral, avec comparaisons
argumentées entre les divers bookmakers, euh..., je veux dire honorables
directeurs d’instituts (“institut”, pas “entreprise”, ça fait plus
“scientifique”), etc.
J’ai apprécié à son poids de venin la
remarque circonstancielle de Mme Judith Waintraub signalant, après que
Mme Bacqué a relaté qu’au PS on disait de Mélenchon à 5% : “il n’est pas
dangereux... il voudra être ministre...”, que c’est « ce qui s’est
produit d’ailleurs ». Certes, Madame Waintraub, il a été ministre de
l’enseignement professionnel (excellent, d’ailleurs, à en juger par ce
qui subsiste de son œuvre, après l’entreprise de démolition engagée par
la droite et parachevée par l’excellent M. Sarkozy : 71 lycées
professionnels fermés en 5 ans !), sous le gouvernement socialiste de M.
Jospin, pour l’excellente raison qu’il était à l’époque membre du Parti
socialiste. Rien à voir avec de quelconques tractations de coin de
table comme ce que veulent suggérer certains socialistes (M. Cahuzac),
ou vous-même, Madame Waintraub ! C’est encore vous qui avez prétendu que
le PCF « a déjà fait sa liste » de points à négocier « pour participer
au gouvernement » (socialiste ; je comprends l’omission, puisque vous
n’envisagez jamais que le Front de Gauche puisse dépasser le PS au
premier tour). D’où tenez-vous cette “information”, constamment démentie
par M. Pierre Laurent, puisque cette question venimeuse semble être la
seule qui intéresse les journalistes ? Présentez-nous vos preuves ! Non,
point n’est besoin de preuves : il suffit de semer le doute, de planter
un coin entre les principaux partis du Front de Gauche...
Et
vous, Monsieur Reynié, vous nous avez bien divertis avec vos métaphores
marines (sans jeu de mot sur le prénom d’un certaine candidate...) :
vous êtes bien prompt à vous inquiéter de “la petite flotille” de
militants FdG qui, selon vous, se répandraient sur les blogs et les
sites pour faire la promotion de leur candidat (ce faisant, je
m’aperçois que fais partie de cette petite flotille... Allez, vous me
flattez...). Mais craignez ! ah... craignez que cette petite flotille ne
vienne bientôt à bout des invincibles Armada des partis dits “de
gouvernement”, car leurs canons n’ont aucune munition ! Ils tirent à
blanc, faute de la moindre idée à énoncer. Et quand ils en énoncent une,
à la surprise de tous – vous compris, journalistes –, ils l’ont piquée
dans le programme L’humain d’abord, vous savez, celui que tous vous avez
déclaré n’avoir pas décortiqué ! Mettez-vous y vite ! il vous reste un
peu de temps... Comme il est clair, mesuré, cohérent et compréhensible,
vous pouvez encore rattraper votre retard... Un peu de cette saine
lecture, Monsieur Reynié, vous aurait épargner le ridicule de qualifier
de « verbeux » les discours de M. Mélenchon... Vous veniez de prétendre
que « Mélenchon n’avait pas été cuisiné comme Marine Le Pen sur
l’économie », ce qui me paraît relever de la distraction de votre part.
Réécoutez l’émission “Des paroles et des actes” dont il était l’invité,
en particulier son échange avec M. Lenglet, et le débat qu’il a eu avec
M. Beffa : cela pourra contribuer à éclairer votre lanterne (dont je me
demande parfois si ce n’est pas plutôt une vessie...). Dans la même
optique, je ne saurais trop vous recommander d’écouter quelques uns des
excellents discours qu’il a prononcés, à Nantes, Metz, Villeurbanne,
Montpellier, Bastia, Le Port (à la Réunion), Lille,... et j’en oublie !
Et
quand Mme Bacqué nuance vos propos en affirmant que l’économie « n’est
pas sa préoccupation », là, les bras m’en tombent... (une minute de
silence à la mémoire de mes bras...). Certes, Mélenchon n’est pas
Jacques Généreux, mais il s’est nourri de son enseignement, disponible
au reste dans toutes les bonnes librairies. Les uns comme les autres,
vous pouvez commencer par Nous on peut !, préfacé par M. Mélenchon : ça
vous aidera, pour le temps qu’il reste avant l’élection, à préparer et
poser les bonnes questions...
Monsieur Dély, vous m’avez causé une
grande joie, lorsque vous avez déclaré que le discours à la Bastille
avait duré quarante minutes. Vous fûtes repris par une de vos consœurs –
je ne sais plus laquelle – : 20mn seulement... Vous êtes-vous tant
ennuyé que le temps vous dura ? ou au contraire, la densité des mots de
M. Mélenchon vous a fait croire qu’ils ne pouvaient avoir été prononcés
en si peu de temps ?
Quoi qu’il en soit, pour un devoir imposé,
vous vous en tirâtes, chacun dans votre tessiture, d’une façon
honorable. À l’impossible, nul n’est tenu ! vous ne pouvez pas vous
mettre, du jour au lendemain, à parler de choses sérieuses (un
programme, des idées) ; vous ne pouvez pas, du jour au lendemain,
comprendre l’ampleur d’une lame de fond, habitués que vous êtes aux
calculs de boutiquiers de vos sondeurs préférés...
Mais il y a
peut-être un risque que cet exercice de style vous soit à nouveau
imposé, égalité des temps de parole oblige ! Je suis sûre que vous ne
manquerez pas de vous bonifier, à mesure que le candidat du Front de
Gauche montera irrépressiblement dans les sondages...
Tiens ! on
n’en parle presque plus, des sondages... On n’en mange plus matin, midi
et soir... Si la montée de Mélenchon avait le mérite de les faire passer
– un peu – sous le boisseau, ce serait un progrès dont il faudra le
créditer ! Décidément, au grand chamboule-tout, il est le meilleur !
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