A part Meyssan, ta liste ne correspond pas à mes critères, car je préféré vois tu avec ceux qui on une affinité avec un Jean Ziegler , où des journalistes atypiques du genre ,Michel Collon où d’autres, voit tu pour une fois je te donne pas la référence afin que tu ne puises pas te faire les gorges chaudes.
par contre je t’encourage à lire se texte.
http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1680
LE DÉCLIN DU COURAGE
Date:1978 | 6 | 8 Sélection et mise en page par l’équipe de Perspective Monde
Extraits
du discours prononcé par Alexandre Soljénitsyne, prix Nobel de
littérature(1970) à Harvard le 8 juin 1978. Il condamne alors les
deux systèmes économiques -le communisme et le capitalisme. Il dénonce surtout la chute spirituelle de la civilisation.
Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest
aujourd’hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu
son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans
chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr,
aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible
dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante,
d’où l’impression que le courage a déserté la société toute entière.
Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont
pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les
fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette
faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus
encore, dans les considérations théoriques qu’ils fournissent
complaisamment pour prouver que cette manière d’agir, qui fonde la
politique d’un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique,
rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même
morale qu’on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là
jusqu’à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une
ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont
pris d’un accès subit de vaillance et d’intransigeance, à l’égard de
gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de
courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un
seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se
paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes,
face aux agresseurs et à l’Internationale de la terreur. Faut-il
rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le
signe avant coureur de la fin ?
La presse, aussi, bien sûr, jouit de la plus grande liberté. Mais pour
quel usage ? (...) Quelle responsabilité s’exerce sur le journaliste, ou
sur un journal, à l’encontre de son lectorat, ou de l’histoire ? S’ils
ont trompé l’opinion publique en divulguant des informations erronées,
ou de fausses conclusions, si même ils ont contribué à ce que des fautes
soient commises au plus haut degré de l’Etat, avons-nous le souvenir
d’un seul cas, où le dit journaliste ou le dit journal ait exprimé
quelque regret ? Non, bien sûr, cela porterait préjudice aux ventes. De
telles erreurs peut bien découler le pire pour une nation, le
journaliste s’en tirera toujours. Etant donné que l’on a besoin d’une
information crédible et immédiate, il devient obligatoire d’avoir
recours aux conjectures, aux rumeurs, aux suppositions pour remplir les
trous, et rien de tout cela ne sera jamais réfuté ; ces mensonges
s’installent dans la mémoire du lecteur. Combien de jugements hâtifs,
irréfléchis, superficiels et trompeurs sont ainsi émis quotidiennement,
jetant le trouble chez le lecteur, et le laissant ensuite à lui-même ?
La presse peut jouer le rôle d’opinion publique, ou la tromper. De la
sorte, on verra des terroristes peints sous les traits de héros, des
secrets d’Etat touchant à la sécurité du pays divulgués sur la place
publique, ou encore des intrusions sans vergogne dans l’intimité de
personnes connues, en vertu du slogan : « tout le monde a le droit de
tout savoir ». Mais c’est un slogan faux, fruit d’une époque fausse ;
d’une bien plus grande valeur est ce droit confisqué, le droit des
hommes de ne pas savoir, de ne pas voir leur âme divine étouffée sous
les ragots, les stupidités, les paroles vaines. Une personne qui mène
une vie pleine de travail et de sens n’a absolument pas besoin de ce
flot pesant et incessant d’information. (...) Autre chose ne manquera
pas de surprendre un observateur venu de l’Est totalitaire, avec sa
presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d’idées
privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une
sorte d’esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous,
d’intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non
d’une compétition mais d’une uniformité. Il existe peut-être une liberté
sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les
journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces
opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant
dominant.
Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la
planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le
modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels
l’histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril.
De tels avertissements sont, en l’occurrence, le déclin des arts, ou le
manque de grands hommes d’Etat. Et il arrive parfois que les signes
soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre
démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques
heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens Américains se
livrent au pillage et au grabuge. C’est que le vernis doit être bien
fin, et le système social bien instable et mal en point.
Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux
proportions cosmiques, n’est pas pour un futur lointain ; il a déjà
commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous
sentez déjà la pression qu’elles exercent, et pourtant, vos écrans et
vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés.
Pourquoi toute cette joie ?
Quand bien même nous serait épargné d’être détruits par la guerre, notre
vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne
pouvons nous dispenser de rappeler ce qu’est fondamentalement la vie,
la société. Est-ce vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il
aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et
sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion
matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment
de l’intégrité de notre vie spirituelle ?
Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans
son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du
Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement
spirituel. Il nous faudra nous hisser à une nouvelle hauteur de vue, à
une nouvelle conception de la vie, où notre nature physique ne sera pas
maudite, comme elle a pu l’être au Moyen-âge, mais, ce qui est bien plus
important, où notre être spirituel ne sera pas non plus piétiné, comme
il le fut à l’ère moderne.
Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous
n’avons pas d’autre choix que de monter ... toujours plus haut."
Alexandre Soljénitsyne, Le Déclin du courage, Harvard, 8 juin 1978
Vois tu, j’apporte plus de considération pour ce texte que tes élucubrations ton dandysme de pigiste.
Car la grand différence avec toi, Alexandre Soljénitsyne sa puissance de sa pensé, il y a puisse dans la souffrance de la vie. Et ce qu’il dit, ne peut que être marquer par le sceaux de la vérité.