Bayrou traîne sa casserole de 2007. A tort ou à raison, nous sommes beaucoup à penser qu’il n’a pas fait tout son possible (oui, même s’allier à la Bécasse) pour tenter d’éviter à la France cinq ans de Sarkozysme. Aujourd’hui, une bonne partie de ceux qui ont voté pour lui à l’époque n’ont pas envie de recommencer et de l’entendre leur conseiller de ne pas se mouiller au deuxième tour.
Bayrou déconne à pleins tubes quand il met Hollande et Sarkozy sur le même plan. Primo, parce qu’il est injuste d’instruire le procès d’un candidat comme s’il était déjà président. Secundo, parce que nous avons face à face un des pires cyniques que la politique française ait connu (premier importateur de la pourriture américain récupérée dans les poubelles du bushisme) et un homme relativement honnête et sincère qui fera ou ne fera pas ses preuves s’il est élu. Ne pas faire le distingo est une forfaiture qui rabaisse le sauveur du Béarn au niveau de la Madone du FN.
Bayrou propose un programme parfaitement imbécile. Refusant de voir la réalité en face, malgré ce qu’il prétend, il fait comme si la dette était remboursable et nous condamne avec une bizarre allégresse de prédicateur mormon à un avenir d’austérité, de récession et de régression. C’est d’autant moins fédérateur et mobilisateur qu’il pourrait se permettre un constat vraiment lucide et sans concession. (Du genre : soit les Etats Occidentaux affrontent leurs institutions financières et leur brisent les reins, soit ils sont condamnés à mort. Un seul exemple : que représentent les mille milliards d’euros de la BCE (dont on a fait des gorges chaudes) par rapport à la dette des 27 pays de l’EU ? Il suffit de calculer le ratio pour voir que la situation est ingérable.)
Pour conclure, Bayrou a complètement dévissé et il n’est plus qu’un zombie politique. Je ne serais pas étonné que les 11% dont on le crédite encore fondent comme neige au soleil d’ici dimanche.