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Commentaire de morice

sur Le travail de l'ombre de Claude Guéant en Libye (3)


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morice morice 20 avril 2012 02:05

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/17/le-monde-relance-le-debat-sur-la-torture-en-algerie_1669340_3212.html


L’enquête du Monde sort en deux temps. Le 4 mai 2002, à l’avant-veille du second tour de la présidentielle, paraît « l’affaire du poignard » : une nuit d’horreur à laCasbah d’Alger, durant laquelle un indépendantiste algérien, Ahmed Moulay, est torturé devant sa femme et ses six enfants par une vingtaine de parachutistes français conduits par un homme grand, blond, fort, que tout le monde appelle « mon lieutenant ». Quelques semaines plus tard, la photo de cet homme apparaît à la « une » de la presse algéroise. La famille Moulay a un choc. L’homme est au garde-à-vous devant le général Massu, qui lui remet la Légion d’honneur. Son nom s’étale en toutes lettres : Jean-Marie Le Pen.

Quand les parachutistes quittent la maison des Moulay à l’aube du 3 mars 1957, après avoir achevé le père d’une rafale de mitraillette, ils oublient sur place un poignard. Mohamed Cherif, 12 ans, l’un des enfants du supplicié, s’en empare et le cache. Sur le fourreau de l’arme, on peut lire l’inscription : JM Le Pen, 1er REP.

La seconde partie de l’enquête du Monde sort le 4 juin 2002, peu avant le premier tour des élections législatives. Il s’agit du témoignage de quatre anciens combattants algériens - Abdelkhader AmmourMustapha MerouaneMohamed Amara et Mohamed Abdellaoui - qui accusent nommément Jean-Marie Le Pen de tortures à Alger, en 1957. Cette seconde « salve » fait réagir le prétendant à l’Elysée. Le leader d’extrême droite convoque une conférence de presse à Paris pour dénoncer une « machination immonde » et annoncer qu’il entame une procédure en justice contre Le Monde.


Une année s’écoule. Le 26 juin 2003, la 17e chambre valide l’enquête du journal et la qualifie de « particulièrement sérieuse et approfondie ». Par son ampleur exceptionnelle, - 50 pages - le jugement est de poids. Le tribunal reconnaît « la bonne foi » du journal et sa légitimité à « informer ses lecteurs sur des circonstances qui lui paraissent dignes d’intérêt et offrant une crédibilité certaine ». Le président du FN est donc débouté de sa plainte en diffamation. Mais il fait appel. Le 6 octobre 2004, la cour d’appel confirme en tous points le jugement de première instance. Le Pen est à nouveau débouté. Son pourvoi en cassation est rejeté.

il a bien torturé.

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