Il est grand temps que le libéralisme
s’affirme comme doctrine opposable à la pensée unique, produit
d’une lutte des classes épuisée par un combat dans lequel ont péri
tant d’hommes et tant d’utopies. Dépassant les concepts de droite et
de gauche, qui sont l’une comme l’autre l’expression de cette lutte
des classes, il y a lieu dorénavant d’opposer tout dirigisme, d’où
qu’il vienne à humanisme et pensée plurielle, le monolithisme du
pouvoir étatique à la diversité des vies et des opinions.
Selon le libéralisme, chaque être
humain a l’ambition de s’assumer personnellement, autant que le lui
permet sa propre nature, et considère qu’il est du devoir de chacun
de participer ainsi, à sa manière et dans la mesure de ses moyens,
au sort de tous. C’est ainsi que le bonheur collectif a ses
meilleures chances (idéalement) d’être le résultat d’efforts
librement consentis par chacun. Dans un souci d’humanisme,
l’homme est investi de la responsabilité de lui-même et partage
celles de la société à laquelle il appartient. Ses valeurs
essentielles sont : Responsabilité, liberté, solidarité,
tolérance, par lesquelles le bonheur de tous peut être la somme des
bonheurs individuels.
L’individu se distingue ainsi de la
collectivité et plus précisément de l’État, considérant que
son propre bonheur doit résulter d’autre chose que
d’une affectation bureaucratique de moyens collectifs.
Paradoxalement, c’est même au nom d’un
idéal de liberté qu’il convient à cette autorité d’imposer cette
conception à tous. Déshumanisé, l’individu s’en remet au groupe et
au dogme pour assurer son propre bonheur. Et s’il s’y refuse il y est
contraint par un pouvoir ayant tous les droits sur lui, au nom de
l’égalitarisme, de la soumission à la pensée unique, et de
l’assistanat.