Bonjour,
Oh, ces collines, au fond sur la photo
d’ensemble, n’ont pas toujours été si pelées ! (incendies répétés) tout a été
fait, jusqu’aux derniers outrages à cette banlieue-village depuis
l’industrialisation à la fin du 19e siècle jusqu’à la désindustrialisation
récente. Dans le film « Marius et Jeannette », Marius (Gérard Meylan)
est gardien de la friche industrielle des ex cimenteries Lafarge en cours de
démolition. Cet acteur fétiche de Robert Guédiguian est estaquéen, natif de
l’Estaque comme le metteur en scène né ici, mêlé à cette cité ouvrière des
usines implantées ici comme Riotinto -Asturienne des mines (Peñaroya), Ugine
Khulmann, Rousselot devenu Sanofi, Tuileries de Marseille. Ces usines avaient
ixé une forte immigration suurtout par
manque de bras en 14-18. Ambiance de lutte des classes dont on devine l’arrière
fond chez R. Guédiguian. Mondes séparés
des riches et des pauvres.
Luttes des dockers du port qui étaient
nombreux ici..."Et pendant ce
temps-là la Méditerranée, qui se trouve à deux pas, joue avec les
galets*..." de la plage de La Corbière ( belles images de
Rosemar) Eh oui, c’est la belle indifférente qui a vu passer ici Cézanne
(photo), Renoir, Dufy, Braque (1er tableau cubiste "Maisons à
l’Estaque" et j’en passe bien sûr. Un professeur du collège a réalisé avec ses
élèves, dans les années 70, une plaquette"L’Estaque au temps des
peintres". Il était temps !
Pour suivre la route touristique des
peintres, Chemin de la Nerthe, on traverse précisément cette laide friche
industrielle. Laide certes mais qui a fait vivre des centaines de foyers
autrefois. Oui, omniprésence de la mer qui a englouti des navires bombardés
pendant la guerre et l’avion de St
Exupéry en rade de Marseille, juste face à vous.
Alain Gerbault, écrivain aventurier, venait
relâcher dans l’anse de la réserve devenue aujourd’hui parc de loisirs. Gerbault y est venu faire
escale chaque fois jusqu’au seuil de la guerre de 39-45
Georges me fait frissonner quand il parle de
conservation du patrimoine. Sacré boulot s’il faut sauver des choses : tout est
esquinté, défiguré.** Il y a des gens qui ont entrepris ça. Evidemment il y a
un côté très émotionnel que l’on sent chez-vous, Rosemar, et même chez-vous,
Gordon pour qui les panisses sont des madeleines (de Proust). Et un autre côté...qui fait un peu rigoler.
Mais je ne suis pas critique. Je me dis que ressusciter ce qui a été et ne
s’est pas concrétisé en pierre et monuments, c’est sûrement impossible. Ah oui, mentionnons les vestiges Nazis de la guerre : blockhauss et fortins...mais ça, même si c’est historique, ce n’est guère souriant !
Terrorisé par son père banquier, Cézanne a
abrité ici( Place Maleterre) son épouse refusée par sa famille. Je crois que
son fils Paul y est né. Enfants, comme des impies nous avons foulé, nous sommes
assis sur le seuil de sa maison sans même savoir quelles oeuvres avaient été
créées là. A cet égard, les adultes qui nous entouraient ont suffisamment
montré que ces choses de la culture ne leur paraissaient pas dignes d’être
relevées
Merci Rosemar d’avoir été la première à évoquer ce « quartier-village » de Marseille tenu à l’écart si longtemps .¤ noodles
*Réminiscence : G Bécaud la Corrida / **"le port de pêche devenu port de
plaisance" où on entasse les yatches sur des étagères, faute de place dans l’eau !