Merci pour ce
commentaire très intéressant Voltaire qui va me donner l’opportunité de pousser
mon raisonnement plus loin pour un prochain article (ce qui est mon objectif en
publiant ici). Je suis juste désolé que vous mettiez en doute la crédibilité de
mon raisonnement (choix des mots…), bien qu’étant d’accord avec votre critique
sur ce que je qualifierai plutôt de raccourci ou d’un besoin
d’approfondissement de ma part.
Il y a en effet
un niveau de nuance qui n’est pas assez explicite dans mon texte et qui est
sans doute à l’origine de cette confusion : la problématique
présidentielle et la question législative. Ma première approche est de dire
qu’elles doivent être séquentielles, et conséquentielles.
Séquentielle :
vous avez raison, il faut se positionner à l’Assemblée, et je pense qu’il faut
séparer cette question de l’élection d’un Président (beaucoup plus partisane).
C’est pourquoi je ne suis pas certain que la proposition qui consisterait
à avoir les élections présidentielles et
la législatives en même temps soit une bonne idée car cela renforcerait le lien
entre l’élection d’un homme/femme et de sa majorité, et accentuerait la
bipolarité, et même le bipartisme.
Conséquentielle :
parce qu’il y a un lien indéniable entre les deux, et qu’après l’élection du
Président, une fois sorti des scenarii, les groupes peuvent continuer à
défendre leur projet dans le cadre du nouveau choix qui se présente :
« d’accord, maintenant que vous êtes élu, nous allons décider si nous vous
soutenons avec esprit critique dans votre majorité ou si nous vous challengeons
de manière constructive dans une opposition ».
Le problème que
j’ai avec les « centre-appendices » est que leur soutien automatique à
la présidentielle ne laisse aucun espace de négociation avec la majorité quelle
qu’elle soit au cours des législatives. Je suis moi-même tombé dans le piège en
associant gauche-PS-majorité et droite-UMP-opposition (ou vice-versa), les insinuant
presque comme synonymes dans mon article. Pourtant ce que je voulais dire, en
prenant l’exemple du cas présent, est qu’il faudrait pouvoir être dans la
majorité sans être inféodé au PS ou encore dans l’opposition sans se soumettre
à l’UMP. Personne n’a su poser les bases électorales, idéologiques ou
d’indépendance nécessaires pour la mise en pratique, l’UDI de Borloo est comme
toujours dans l’escroquerie sémantique et l’ambition personnelle (j’en veux
pour preuve son discours a l’Assemblée, son comportement au sein
de l’ancienne majorité etc…).
Là serait
évidemment l’innovation et la réelle indépendance du centre. Pendant la
présidentielle en cas de non-présence au deuxième tour, déclarer avant la
campagne qu’aucun report ne serait consenti tout en affirmant que le choix
serait fait à l’Assemblée Nationale en fonction du discours de politique
générale par exemple (qui pourrait devenir l’événement qui précède
officiellement ce choix), correspondrait à la reconnaissance de la division
institutionnelle majorité-opposition au parlement, mais transcenderait le
positionnement gauche-droite, et le bipartisme. Ca n’aiderait peut-être pas la
perception du « un coup à gauche, un coup à droite » mais
présenterait aux électeurs une feuille de route claire sur toute une campagne –
la pédagogie étant bien plus importante que les postures automatiques, les
électeurs pourraient s’y retrouver.
Je vais donc continuer
à y réfléchir non pas en tant qu’expert que je ne suis pas, mais en tant que
citoyen et militant de l’alternative indépendante, de la troisième voie
insoumise. Toujours ouvert à la discussion…