Jade
Si en Europe l’influence de l’église catholique stagne ou décroît, il n’en est pas de même partout ; 1 milliard 196 millions de baptisés catholiques sur un peu plus de 2 milliards de chrétiens. Sans la paralysie du Vatican empêtrée dans des affaires de mœurs et d’argent, l’Église pourrait réaffirmer beaucoup plus fortement et distinctement son message traditionnel, invariablement martelé d’encyclique en encyclique depuis des siècles concernant la liberté, le partage, la famille, la condamnation de la guerre et le refus de l’arme atomique de plus en plus catégorique de Vatican II à Benoît XVI, l’arme du diable par excellence, celle dont l’utilisation laisse l’ennemi du genre humain ravi contemplant ricanant les ruines et les ravages que tous les camps se sont infligés. Sur ce plan, l’Église Catholique et l’Islam (arme atomique « haram ») sont sur la même longueur d’onde. Si pour Jean-Paul II l’arme nucléaire était tolérable de façon transitoire à condition de désarmer, elle devient « fallacieuse » pour Benoît XVI (Qui est destiné, qui cherche à tromper, à induire en erreur.) . Comme le concept de droit élastique ou tordu chez certains, la « défense atomique » est un sophisme du malin pour que le genre humain s’entretue.
Que dire ensuite des gouvernements qui
comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays ? Avec
d’innombrables personnes de bonne volonté, on peut affirmer que cette
perspective, hormis le fait qu’elle est funeste, est tout à fait fallacieuse. En
effet, dans une guerre nucléaire il n’y aurait pas des vainqueurs, mais
seulement des victimes. La vérité de la paix demande que tous — aussi bien les
gouvernements qui, de manière déclarée ou occulte, possèdent des armes
nucléaires depuis longtemps, que ceux qui entendent se les procurer — changent
conjointement de cap par des choix clairs et fermes, s’orientant vers un
désarmement nucléaire progressif et concordé. Les ressources ainsi épargnées
pourront être employées en projets de développement au profit de tous les
habitants et, en premier lieu, des plus pauvres.