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Commentaire de manusan

sur La crise de l'euro : des dettes et des taux


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manusan 21 août 2012 14:07

Les chiffres les plus importants ce sont les taux négatifs, c’est une information extrêmement grave passée complétement à la trappe par les journalistes, je m’explique :

un taux zero ça porte un nom, ça s’appelle du cash, ou placement de mémé sous le matelas. Sauf que le cash est un actif et qu’il repose sur la crédibilité des banques de dépôts, si les taux sont négatifs ça signifie que les banques de monsieur tout le monde sont très mal.

je fais copier/coller Frédéric Lordon qui l’explique très bien :

http://blog.mondediplo.net/2012-07-23-Peripeties-financieres-Libor-et-taux-d-interet

Le cash est un actif sans risque, la chose est entendue. Mais, au-delà de l’actif lui-même, le jugement de « sans risque » devrait voir son objet étendu jusqu’aux institutions auprès desquelles le cash est déposé. Or, comme on sait, la santé de ces dernières est de plus en plus sujette à caution – en Espagne, en Grèce, en Irlande au premier chef, mais par voie de conséquence dans toute la zone euro dont les systèmes bancaires sont profondément interconnectés. C’est très bien d’avoir du cash actif-sans-risque au chaud quelque part, mais si le « quelque part » vient à s’écrouler, tout sans risque qu’il soit intrinsèquement le cash se trouvera extrinsèquement volatilisé !

Mais, demandera-t-on, y a-t-il une différence sous ce rapport entre cash et titres déposés auprès d’une institution financière ? La réponse est oui car même si l’intermédiaire fait faillite, les titres dont il n’est que custodian demeurent ce qu’ils sont, à savoir l’expression d’une relation de crédit entre un créancier (le propriétaire des titres) et un débiteur (leur émetteur) déterminés. La disparition de l’intermédiaire custodian n’atteint en rien cette relation qui se conçoit indépendamment, perdure et continue de produire ses effets (versement du coupon et remboursement du principal) après son éventuelle faillite. Il en va tout autrement pour un dépôt de cash car la monnaie est l’expression d’une créance de son détenteur mais sur toute la société, une créance non assignable, sans débiteur particulier à son autre extrémité.

En tout cas, la non-préférence pour le cash, alors que ce dernier serait la position rationnelle (de première approximation), est l’expression d’un jugement de défiance porté sur les institutions de dépôt… et, si la nouvelle des taux négatifs semble avoir de quoi faire rire, il n’y a en fait vraiment pas lieu de s’en réjouir.


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