L’urbanisme est le coeur de la politique locale, et c’est un champ de réflexion et d’action passionnant. Je trouve dans cet article ce foisonnement, mais à mon avis il est raté sur le plan formel précisément à cause de ce foisonnement. Il faudrait le reprendre sous dix angles différents et expliquer... sans relâche. A mon avis, tu es tombé dans le piège de vouloir trop en dire et du coup les objectifs de l’article s’évanouissent un peu.
Peut être faudrait-il commencer par une réflexion sur une approche de l’impact d’une politique d’urbanisme sur le revenu. Nos concitoyens sont généralement d’une ignorance consternante, alors que pourtant la qualité urbaine est un facteur essentiel de préservation de leur immobilier, c’est-à-dire de leur principal actif patrimonial. Mais je vois, si ce n’est tous les jours, très souvent des gens qui viennent se renseigner dans ma mairie pour acheter un terrain et qui n’ont absolument rien compris aux éléments qu’ils devaient surveiller pour garantir la qualité de leur investissement à long terme. Et généralement pour une raison simple : leur raisonnement ne dépasse pas le périmètre de leur parcelle privée.
Après il y a aussi une formidable absence de réflexion sur l’évolution des besoins de logement au cours de la vie, le problème de l’inflation par externalisation des coûts de transports et de services (signalée dans l’article...), etc. Je veux surtout dire le point important : il n’y a que des débats entre technos de diverses origines sur l’urbanisme, mais peu de débat avec les élus tant qu’ils ne sont pas initiés, et aucun débat avec la population. L’urbanisme souffre d’un énorme déficit démocratique et, d’abord me semble-t-il parce que la discussion sur la pertinence des investissements privés immobiliers est encore un tabou.