Maxwell N. Loalngar
Ce n’est pas tous les jours que les médias parlent de la situation
politique, économique et sociale du Tchad, surtout la pauvreté et la misère des
populations de ce pays comme d’ailleurs de tous les pays de la Françafrique. Votre
article est donc intéressant de ce point de vue.
Il est cependant regrettable que votre article ne relate que la confrontation à huis-clos entre l’Etat
tchadien et ses agents. Vous faites comme si le Tchad est un pays indépendant.
Ce qui est très loin de la réalité. Le Tchad est un pays culturellement, économiquement, financièrement, politiquement et militairement dépendant de la France. C’est un
pays de la Françafrique,
un pays africain soumis à la
France, en fait une colonie de la France malgré les attributs externes de l’indépendance comme le sont la Centrafrique, le
Gabon, le Congo Brazzaville, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Togo, le
Burkina-Faso, et j’en passe. Votre article ne fait pas ressortir cette situation du Tchad en tant que pays colonial dépendant de l’impérialisme français.
Donc,
Idriss Déby Itno est l’un des représentants aborigènes de la Françafrique. Placé
au Pouvoir au Tchad et soutenu à bout de bras par ses maîtres coloniaux
français, ce personnage, comme tous ses compères françafricains, ne peut tenir
que le langage et les positions que lui dictent ses maîtres français. C’est le
même langage et les mêmes positions que tiennent ses maîtres aux masses
laborieuses de la métropole, en France. Idriss Déby est un serviteur de la France. Il ne fait que
répercuter les ordres qui viennent de la France. Il n’a aucune autonomie de décision.
C’est un esclave volontaire de la France. Voilà pourquoi le mouvement de
revendication des travailleurs agents de l’Etat du Tchad, pour être crédible et
avoir quelque chance de grignoter quelques miettes, doit, par dessus Idris Déby
et sa clique, viser aussi les intérêts français et européens au Tchad et
s’adresser à la France
et aux occidentaux, en mettant aussi en avant les intérêts de l’ensemble des
masses laborieuses tchadiennes et africaines, dans l’esprit du panafricanisme
révolutionnaire.