• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Éric Guéguen

sur Libertés contre égalité


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Éric Guéguen Éric Guéguen 29 août 2012 11:05

Bonjour à vous, et merci pour cette réponse pertinente.

Concernant tout d’abord votre remarque sur la citation d’Hannah Arendt, si vous relisez la phrase qui suit dans ma prose, vous constaterez que je ne dis pas autre chose :
« En d’autres termes, cette substitution d’entité doit être interprétée comme une négation pure et simple de l’homme en tant qu’animal politique, hors d’une conception proprement utilitariste des choses. La politique n’est plus la fin de tout homme pour ainsi dire inscrite dans ses gènes, c’est, au contraire, un moyen pour lui de parvenir à n’importe quelle fin, au gré de sa volonté. »
D’où le règne, à terme, de l’utilitarisme, en résonance avec ce que dit Arendt (qui figure, d’ailleurs, dans mon « Panthéon » si je puis dire).

Ensuite, il me faut rappeler que ce texte est issu d’un ouvrage, il peut donc paraître incomplet vis-à-vis de ce que je désigne par « dyade » notamment, ou bien encore eu égard au principe d’équité. Pour développer celui-ci, j’avancerai l’argument de la justice distributive, celle qui s’y conforme le mieux, et celle que nous revendiquons, pour la plupart du moins, vis-à-vis de l’impôt progressif : à chacun selon ses revenus.
Mais si nous étions logiques, nous appliquerions en toutes choses ce principe d’équité, ou de justice distributive. Exemple : le droit de vote ne serait plus tel que nous le connaissons, il serait lui aussi progressif, ou « capacitaire » : à chacun selon ses mérites. Car n’oublions pas qu’Aristote faisait dépendre le recours à la justice distributive d’une référence au bien commun, ce qui est le cas aussi bien pour l’impôt que pour le droit de suffrage. En conférant le droit de vote indifféremment, sans acception de qui que ce soit, nous sommes déjà dans l’égalitarisme.

Ensuite, vous semblez distinguer un égalitarisme de gauche, tout à fait bienvenu, et un égalitarisme de droite ravageur. Voilà qui est tout à fait insolite. L’égalitarisme, en soi, est une erreur, de gauche comme de droite, et ce comme tous les « ismes » serais-je tenté d’ajouter. L’erreur que vous faites, et que tous les gens de gauche font, est de confondre égalité et justice. C’est d’autant plus étonnant que vous admettez le caractère relatif de l’égalité, et que cette phrase est tout à votre honneur : "L’égalitarisme : c’est le fait de réclamer l’égalité quand elle nous est plus favorable que l’équité.« (parfaitement d’accord sur ce point).
En fait, la justice est une valeur qui submerge l’égalité, qui parfois lui correspond, parfois non. Lorsque l’on est attaché à la justice, on se moque de l’égalité, ce qui va au rebours de l’époque contemporaine qui fait de l’égalité une fin en soi. Autant de Ministres hommes que femmes, est-ce juste ? Pas nécessairement. Peut-être n’y avait-il que des femmes compétentes à l’instant »T« , ou que des hommes, mais l’égalité stricte a primé en l’occurrence.

À mes yeux, c’est parce que nous sommes obnubilés par l’idée d’une égalité omniprésente que nous engendrons, paradoxalement, des inégalités. De ce point de vue, l’égalité est l’hydre de la gauche, plus elle tape fort sur une tête qui dépasse, plus violemment dépassera une autre tête, ce qu’elle refuse de comprendre. Quant à la droite, elle s’est perdue dans un libéralisme qui ne sait ni d’où il vient (historiquement), ni où il va (géographiquement) et qui s’en contre-fout. Au moins partagez-vous avec la droite le sentiment d’un nécessaire recours à la sécurité, mais en faire le pendant négatif de la liberté me semble, pour ma part, un peu trop réducteur.

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Pour finir, j’aurais aimé que quelqu’un réagisse à ceci : comment ne pas voir que l’équation »un homme = une voix« conduit nécessairement à légitimer n’importe quelle majorité, c’est-à-dire n’importe quelle idée susceptible de fédérer ? Une fois que l’on a remarqué cela, comment ne pas en déduire que le seul moyen qu’il reste d’empêcher certaines idées »nauséabondes« de se propager est de limiter la liberté d’expression, c’est-à-dire la publicité (au premier sens du terme) de telles idées ? Là encore, une liberté se couche devant l’égalité (cf. notre équation de départ).

Exemple : imaginez un philosophe bénéficiant d’un certain crédit demandant publiquement le retour de la peine de mort. Nous savons, vous et moi, qu’une majorité de Français y serait probablement favorable. Comment réagir dans un tel cas pour se conformer au dogme des Droits de l’Homme (anti peine de mort), en s’avouant que les masses sont diminuées intellectuellement et incapables de raisonner sur ce sujet ? Non, grand Dieu ! Plus simplement en taxant ce philosophe de »populiste« (et de philosophe, il n’est plus, ipso facto, que »polémiste qui dérape") et en lui interdisant à l’avenir tout accès aux principaux médias. Empêchons à toute force la contagion ! smiley


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor