Clojea
Je vous ai répondu lors
de votre article : « Un éléphant ça trompe énormément …… » du 1er septembre :
"Non ! Elle est déjà
pour aujourd’hui ET pour demain."
Après ce commentaire
assez abrupt, vous avez évoquez les « gigantesques réserves » du
Venezuela et vous m’avez conduit à développer les raisons pour lesquelles ne
considérer que le volume des réserves, aussi gigantesques puissent-elles
paraître en regard des chiffres que nous manipulons quand nous faisons un plein
d’essence, est une approche très partielle et tout à fait insuffisante pour se
faire une idée de la situation réelle devant laquelle l’humanité se trouve
concernant ses ressources énergétiques.
Parmi les paramètres
déterminants, il est nécessaire de prendre en compte les flux de production et
leur évolution dans le temps face à la demande.
La demande mondiale reste
orientée à la hausse selon l’AIE. Si la consommation des pays de l’OCDE baisse,
celle des autres pays, continue de croître plus vite.
Pendant ce temps un grand
nombre de pays producteurs sont déjà au-delà de leur pic de production ou,
comme l’Arabie Saoudite, en sont très proches.
Pour compenser à la fois
le déclin de production de ces pays et faire face à l’accroissement de la
consommation prévue pour les 15 prochaines années, il faudrait mettre en
production pas moins de 45 millions de barils par jour (Mb/j) de capacités
nouvelles par l’ensemble de l’industrie pétrolière, soit la moitié de la production
mondiale prévue pour 2012 par l’AIE ou la production de plus de 4 Arabie
Saoudite qui tourne autour des 10 Mb/j ! .
Question : peut-on
compter sur le Venezuela pour modifier significativement la donne quand sa
production s’est établie à 2,7 Mb/j en 2011 et que Rafael Ramirez, le ministre
vénézuélien du Pétrole a « évoqué » une production hissée à 6 Mbj en
2018 ?
Une autre précision : Au Venezuela dans
bassin de l’Orénoque, il s’agit de pétrole non conventionnel lourd et extra
lourd bien plus coûteux à produire, en capitaux et en énergie, que celui
provenant du champ de Ghawar en Arabie Saoudite.
Pourquoi donc les pétroliers
feraient-ils les fonds de tiroirs de la planète en allant chercher du pétrole
dans des conditions de plus en plus extrêmes et risquées vec des techniques de
plus en plus sophistiquées en dépensant plus de capitaux et d’énergie ? (offshore profond, sables bitumineux, gaz de
schistes…)
Pourquoi mettent-ils la
main, directement ou indirectement, sur les terres agricoles pour fabriquer des
agro-carburants (pudiquement désignés sous le terme de
« bio-carburants ») au risque d’accentuer le stress pesant sur les
cultures vivrières ?
C’est d’ailleurs un
phénomène qui déborde largement du seul domaine de l’énergie et qui touche
l’ensemble des ressources avec tout ce que cela induit.