Vous dites
« Je suis croyant également, et malgré tout, comme vous le voyez, je ne crois pas à l’égalité des êtres, j’entends la même capacité à s’adapter, à apprendre, à se comporter, etc »
Moi non plus je ne crois pas à ’l’égalité naturelle’ des êtres. Tout comme vous, je pense que certains ont des ’prédispositions’ à s’adapter et à tendre plus facilement vers l’intérêt général que d’autres. Par ailleurs, votre image asymptotique du citoyen-modèle me convient parfaitement.
Mais justement, c’est tout le problème ; ce modèle est une ’asymptote’ et donc par définition un idéal dont on peut se rapprocher mais jamais atteindre.
Ensuite, je voulais revenir sur un point qui me semble fondamental : on parle depuis le début de la ’liberté’ mais quelle définition doit-on en donner ? Qu’est-ce qu’être VRAIMENT libre ?
Là aussi, je vous donne ma propre vision : pour être vraiment libre, il faudrait être capable de s’affranchir de ses propres désirs, de ses propres pulsions, bref de s’affranchir de tout ce qui nous empêche de nous consacrer pleinement à l’autre ou au bien de notre chère Cité.
Ainsi, des gens de grande qualité comme vous et moi (soyons immodestes jusqu’au bout

) ne serons jamais capables de prioriser « l’autre » par rapport à notre propre personne. Tout simplement parce que ce n’est pas ’humainement ’possible. Voilà ce que j’ai tenté d’exprimer via mon ’pessimisme’ dans la nature humaine.
D’après moi, le seul absolu qui permet vraiment d’être totalement libre, qui transcende toutes les religions et qui, j’ose le dire, donne un sens véritable à cette vie, c’est l’ Amour. L’amour, non pas en tant que sentimentalisme béat, voire niais mais l’ amour au sens de l’ Agapé. C’est à dire la pratique du ’don de soi’. Cela signifie être prêt à donner sa vie pour ce qu’on estime être plus important, plus grand que sa propre personne. D’ailleurs à cet égard , on peut faire don de sa propre personne à son prochain comme à sa Cité .
Et à ce propos, je suis convaincu que si les citoyens n’ont plus le sens commun ni l’intérêt pour la chose publique (politique), c’est en grande partie parce que nos propres dirigeants pensent d’abord à eux, à leur carrière avant de penser à leur pays. Parce que nos mêmes dirigeants n’ont pas (ou plus) cet amour de la patrie chevillé au corps, ce même amour que portait fièrement un De Gaulle par exemple. Si celui-ci restera dans les mémoires comme un grand homme d’état, c’est, au-delà de ses qualités exceptionnelles, parce qu’il aura toujours fait passer son amour inconditionnel pour son ’très cher vieux pays’ avant sa propre personne ou sa carrière. On voit bien que ce n’est plus le cas aujourd’hui loin s’en faut...
Bien je m’arrête là, je sens que je pars un peu dans tous les sens. J’espère en tout cas avoir été suffisamment clair dans ce que j’ai tenté d’exprimer.
Bien à vous